Danone espère une reprise des ventes de nutrition infantile en Asie début 2014
Coup dur pour Danone. Conséquence de la fausse alerte au botulisme sur le lait infantile fourni par son partenaire néo-zélandais Fonterra en Asie début août, le groupe a dû lancer un avertissement sur ses résultats 2013. Dans la foulée, le titre a cédé 2,28% à 51,83 euros, alors que la plupart des analystes misaient seulement sur un abaissement des prévisions dans le bas de la fourchette annoncée, puisque fin août Danone avait maintenu ses objectifs annuels.
Le groupe présidé par Franck Riboud table désormais sur une croissance de 4,5% à 5% de ses ventes en comparables (contre au moins 5% auparavant), sur un recul de 80 points de base de sa marge opérationnelle courante (-30 à -50 pb auparavant), et sur un cash-flow libre de 1,5 à 1,6 milliard d’euros (au lieu de 2 milliards).
De fait, les prévisions les plus pessimistes sur les conséquences de l’affaire Fonterra se sont avérées les plus réalistes. Danone estime que cet incident pèsera cette année à hauteur de 350 millions sur le chiffre d’affaires de la division nutrition infantile (dont 170 millions sur le troisième trimestre), de 280 millions sur la marge (dont 170 millions comptabilisés en éléments non courants), et de 300 millions sur le cash-flow libre. Si le groupe a mis en place des plans de redémarrage des ventes dans les pays concernés, ils ne produisent leurs effets que «très graduellement».
En septembre, les ventes étaient encore 40% en dessous du niveau de juillet. Néanmoins, Pierre-André Térisse, le directeur financier de Danone, a estimé hier que les ventes devraient redécoller début 2014, se donnant pour priorité «d’ajuster les stocks» de lait infantile, «de continuer à rassurer le consommateur et d’essayer de redéployer [les] marques».
Danone «a aujourd’hui consommé sa marge de manœuvre financière après une année active en termes d’acquisitions, de rachat d’actions et d’une moindre génération de cash-flow libre pour 2013 », estime l’analyse crédit de Natixis.
Plus fondamentalement, «après le profit warning de juillet 2012 lié à l’exposition en Espagne, le business modèle du groupe montre une fois de plus sa fragilité», conclut Oddo.
En outre, Danone pâtit d’un fort effet devises négatif (-7,2%) au troisième trimestre. Une croissance organique de 4,2% et un effet périmètre pour 3% ont néanmoins permis d’afficher un chiffre d’affaires trimestriel stable à 5,26 milliards d’euros.
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