Daher varie son mode de financement avec un placement privé obligataire
Coup double pour Daher. L’équipementier pour l’aéronautique et le nucléaire a dévoilé hier deux opérations lui permettant de disposer selon son PDG Patrick Daher d’une «structure financière renouvelée, renforcée et sécurisée» apte à soutenir le déploiement du plan stratégique Performance 2017.
Daher a en premier lieu refinancé un crédit syndiqué de 120 millions d’euros d’échéance juillet 2017 par le biais d’une nouvelle facilité de 150 millions composée d’un prêt amortissable (60 millions sur 5 ans) et d’un crédit renouvelable (90 millions sur 5 ans avec deux options d’extension d’un an).
Surtout, la société a mis en œuvre son tout premier financement désintermédié, par la voie d’un placement privé obligataire de 30 millions sur 7 ans auprès du compartiment du fonds Novo géré par Tikehau IM (Novo 2, Novo 1 étant attribué à BNP Paribas IP). Son rendement reste confidentiel, le directeur financier de Daher, Florent Perdriau, témoignant de sa satisfaction après une opération bouclée «dans des conditions optimales». L’émetteur se félicite d’avoir «initié» une «diversification de ses sources de financement et de sa base de prêteurs», et précise avoir allongé de 2,5 à 5 ans la maturité moyenne de sa dette «pour un taux moyen qui reste stable».
Pour Bruno de Pampelonne, président du directoire de Tikehau IM, Daher constitue un candidat «naturel, notamment en terme de profil de société et de projets de développements», pour le fonds Novo2 destiné à l’accompagnement des entreprises de croissance. Le fonds Novo «répond aux attentes des investisseurs mais surtout des ETI (entreprises de taille intermédiaire) françaises» selon le dirigeant, qui promet l’officialisation de «2 à 4 investissements supplémentaires d’ici à la fin du mois» sur le compartiment Novo 2. Ce dernier accueille avec Daher son sixième investissement depuis son lancement en octobre dernier.
Le marché euroPP du placement privé obligataire pourrait «dans son format non coté s’élever à 5 milliards d’euros d’encours d’ici à fin 2015, dont un milliard pour Novo, contre un peu plus de 1,5 milliard aujourd’hui», selon les estimations de Muriel Nahmias du cabinet Bfinance, conseil de Daher à l’occasion de son baptême du feu en la matière. La consultante souligne tout de même une prudence accrue des investisseurs cette année dans un contexte de rendements faibles.
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