CVC profite de l’agitation dans les télécoms pour relancer la vente de Sunrise
Quatre ans après avoir racheté l’opérateur télécoms suisse Sunrise au danois TDC, CVC Capital Partners a repris le processus de vente de cet actif, croit savoir Reuters de plusieurs sources proches du dossier. Ces sources ajoutent que le fonds d’investissement européen devrait nommer une banque conseil à cet effet d’ici à la fin de l’année. Le deuxième opérateur mobile helvétique est susceptible d’être valorisé jusqu’à 4,9 milliards de francs suisses (4,09 milliards d’euros), précisent ces sources, soit 50% de plus que les 3,3 milliards de francs déboursés en 2010 par CVC.
Celui-ci espère que l’amélioration des résultats opérationnels de l’opérateur et la bonne tenue des marchés boursiers militeront cette fois en faveur de cette opération, après l'échec d’une précédente tentative fin 2013. Il devrait néanmoins privilégier une double approche («dual track») de cession ou d’introduction en Bourse. Trois groupes sont en concurrence sur le marché des télécoms suisse, l’ex-monopole Swisscom, Sunrise et Orange Suisse qui appartient depuis 2012 à Apax Partners. Mais les concurrents de Swisscom éprouvent du mal à atteindre une taille critique, la part de marché de l’ex-opérateur historique étant restée supérieure à 55%, contre environ 27% pour Sunrise et 17% pour Orange.
Les mouvements de consolidation dans les télécoms mobiles ne semblent pas près de s’arrêter à l’échelle européenne, compte tenu de synergies qui atteindraient «30 milliards d’euros sur une dizaine de transactions potentielles», estiment les analystes de Raymond James. Le segment de télécoms fixes n’est pas en reste, en particulier Telecom Italia dont le capital doit être recomposé après la vente des 22,4% détenus par trois investisseurs financiers italiens alliés à Telefonica.
Selon Bloomberg qui cite des sources proches du dossier, Sol Trujillo, ex-directeur général de l’australien Telstra et du français Orange, serait en pourparlers avec des fonds souverains d’Abou Dhabi et du Qatar pour prendre une participation de 7,5 milliards d’euros dans l’opérateur italien. Cet investissement, qui correspondrait à 45% de la capitalisation boursière actuelle de la cible, pourrait prendre la forme d’une augmentation de capital ou d’un achat de titres sur le marché, selon ces sources. Après avoir gagné près de 6% en séance, l’action Telecom Italia a terminé quasiment stable à 0,91 euro hier sur la Bourse de Milan.
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