Cristal Union met fin aux cent ans de vie boursière de la Vermandoise
Créée il y a dix ans par la réunion de cinq coopératives, et toujours détenue uniquement par ses 5.300 agriculteurs, Cristal Union (marque Daddy) va devenir le numéro deux incontesté français du sucre derrière Tereos, et le cinquième en Europe, avec un chiffre d’affaires cumulé de près de 1,2 milliard d’euros et une marge opérationnelle de 20%. Le projet de rachat du groupe Vermandoise annoncé hier devrait être définitif au premier trimestre 2012.
D’un montant total de 951 millions d’euros, ce rachat constitue l’un des plus importants rapprochements dans l’industrie européenne du sucre alors que le secteur est en cours de libéralisation. «A un horizon de 15 ou 20 ans, il faut considérer que le marché sera totalement ouvert», explique Alain Commissaire, le directeur général de Cristal Union. Une motivation partagée par Jean-Claude Delloye, le président du directoire de la Vermandoise, qui assure ainsi la «pérennité des sites» du quatrième sucrier français. Il règle aussi l’inévitable question patrimoniale qu’aurait posée à terme l’actionnariat familial de la société, dont la cotation à Paris remonte aux années 20.
Conseillé par Bucéphale Finance, Cristal Union va, dans un premier temps, acquérir auprès de la famille Delloye les 94,6% qu’elle détient au capital de la Vermandoise de sucreries (VDS), pour un montant d’un peu plus de 503 millions d’euros (soit 3.487,30 euros par action). La société prendra ainsi le contrôle de 56,5% du capital de la Sucrière de Pithiviers-le-Vieil (SPLV), la seconde structure cotée du groupe Vermandoise. Enfin, pour reprendre les minoritaires des deux véhicules, et retirer les deux titres de la cote, Cristal Union lancera une double OPA. Aux prix de 3.487,30 euros pour VDS, soit une prime de 110% sur le cours moyen des douze derniers mois, et de 1.692,76 euros pour les actions de la SPLV (111% de prime). Le fonds américain First Eagle, détenteur de 20% de la SPLV, devrait apporter son bloc.
L’opération est intégralement financée à crédit par le Crédit Agricole Nord-Est et CA CIB, banque historique de Cristal Union, selon des modalités que le sucrier ne souhaite pas communiquer. Mais il assure que «le financement n’a pas posé de difficulté». Le coût de l’opération sera amoindri par les 230 millions de trésorerie nette du groupe Vermandoise. En valeur d’entreprise (720 millions), le rachat valorise environ 9 fois l’excédent brut d’exploitation 2010-2011 de Vermandoise.
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