Constellation et EDF embarqués dans une guerre des nerfs

Le premier propose au second de lui céder sa participation dans UniStar mais refuse de renoncer à l’option portant sur douze centrales thermiques
Antoine Duroyon

Le sort du projet Calvert Cliffs 3 (CC3) va-t-il se jouer à Washington ? Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, EDF a proposé de rencontrer son partenaire américain Constellation demain dans la capitale américaine. Le groupe français serait représenté par son directeur financier Thomas Piquemal, accompagné des conseillers de la banque Lazard et des conseillers juridiques. Objectif : mettre l’ensemble des litiges sur la table et trouver une issue à la crise qui oppose les deux groupes concernant leur projet de réacteur EPR dans le Maryland.

L'électricien américain a décidé début octobre de se retirer unilatéralement du projet, en raison notamment d’un coût jugé excessif et de difficultés liées à la garantie hypothécaire. Pour ne pas voir CC3 condamné, EDF a proposé le 13 octobre de racheter la participation de 50% de Constellation dans leur coentreprise à une «juste valeur de marché», à condition que son partenaire n’exerce pas une option portant sur la vente à EDF de douze centrales thermiques pour deux milliards de dollars. Des actifs hors nucléaire qui ont perdu beaucoup de valeur et induiraient une dépréciation d’environ un milliard de dollars, selon des analystes.

Dans un courrier adressé vendredi à Thomas Piquemal, directeur financier d’EDF, son homologue de Constellation, Michael Wallace, accepte de céder les 50% du groupe américain dans UniStar pour un montant bien inférieur à sa valeur de marché, afin de permettre au projet CC3 d’aller de l’avant sous la houlette d’EDF. Montant de la facture : un dollar symbolique, auquel s’ajoutent toutefois 117 millions de dollars au titre du remboursement de coûts antérieurs. «Cette offre représente une petite fraction des 817 millions de dollars investis par EDF et Constellation dans la mise en oeuvre de la construction de CC3», affirme-t-il dans le document.

En revanche, il refuse de renoncer à l’option qui arrive à expiration au mois de décembre, estimant que cette question devrait être traitée séparément. «Cette dispute commerciale ne devrait pas être utilisée pour tenir en otage l’avenir de CC3», souligne encore le directeur financier de Constellation. Chaque camp ayant soumis sa proposition, reste désormais à voir si un compromis peut voir le jour.

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