Compagnie des Alpes infléchit sa stratégie après une perte dans les parcs de loisirs
Compagnie des Alpes a présenté hier un plan stratégique à cinq ans visant à redresser une rentabilité pénalisée par la forte dégradation des résultats des parcs de loisirs. Pour la première fois, ceux-ci ont généré une perte opérationnelle de 5,5 millions d’euros sur l’exercice clos le 30 septembre, contre un bénéfice de 5 millions l’année précédente.
Une hausse des impôts combinée à une dépréciation de survaleurs de 12,3 millions sur certains parcs a débouché sur un bénéfice net en chute de 93,2%, à 1,9 million, ce qui fait qu’aucun dividende ne sera proposé au titre de 2013. «Le free cash flow est négatif de 10 millions et la dette nette augmente de 48 millions à 414 millions», relèvent les analystes de Natixis.
Si les domaines skiables se sont bien tenus avec une progression du résultat opérationnel de 3,1% à 66 millions, le groupe veut encore améliorer la profitabilité de cette division en visant d’ici cinq ans une marge brute de 34% (contre 32,6% l’an dernier), tout en faisant croître son chiffre d’affaires d’environ 3% par an (+3,8% en 2012-2013). Ceci passera par la refonte des gammes tarifaires ou l’organisation d’actions commerciales vers de nouvelles catégories de clientèle, tandis qu’une attention particulière sera accordée à la maîtrise des investissements et à la politique d’achats.
Dans les parcs de loisirs, aucune cession spécifique n’a été annoncée en dépit d’une volonté de recentrer l’activité sur les parcs susceptibles de figurer dans le premier décile en termes de satisfaction clients. Le portefeuille existant sera optimisé, grâce à «un contrôle rigoureux des coûts et une amélioration de la commercialisation», tandis que le développement international (Grévin, consulting) sera poursuivi. La plupart des analystes jugent que l’objectif d’une marge brute de 23% à 5 ans pour la division, hors Futuroscope, est très ambitieux sur le périmètre actuel. «Il faut remonter à 2008-2009 pour retrouver un niveau de marge supérieur à 20%» dans cette activité, relèvent les analystes de Gilbert Dupont.
Ils regrettent que l’objectif d’un retour sur capitaux employés supérieur à 8% pour le groupe soit fixé hors survaleurs, ce qui déroge à sa pratique antérieure, et que la stratégie définie suppose une stabilité à un niveau élevé (environ 20% du chiffre d’affaires) des investissements sur les trois prochaines années.
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