CMA CGM s’attaque à sa dette avec l’ouverture de son capital en toile de fond

Fin 2011, la dette nette du transporteur maritime représentait plus de 7 fois son Ebitda, dont 1,6 milliard de dollars d'échéances 2012 et 2013
Olivier Pinaud

Après 30 millions de dollars de pertes en 2011, en raison d’un second semestre exécrable (267 millions de pertes nettes), CMA CGM s’attaque à sa dette. Engagée mardi par une première réunion avec ses banques, l’opération pourrait déboucher à moyen terme sur l’ouverture du capital de la société détenue par la famille Saadé. Le numéro trois mondial du transport maritime de marchandises souhaite modifier ses clauses de crédit (covenants) et lisser son endettement. Epaulée par Messier Maris & Associés, elle espère aboutir d’ici à cet été.

Fin 2011, le groupe portait une dette nette de 5 milliards de dollars, plus de 7 fois son Ebitda. Un niveau qui n’était plus conforme aux covenants, non pas en raison du montant de la dette - celui-ci a d’ailleurs baissé de 300 millions de dollars par rapport à fin juin - mais du fait de la chute de 44% de l’Ebitda. «Les taux de fret ont été divisés par trois en 2011 avant de doubler depuis le début de l’année. Nos charges pétrolières ont flambé de 1,1 milliard de dollars. La volatilité de notre marché ne rend plus pertinent le critère de l’Ebitda», explique Michel Sirat, directeur financier de CMA CGM. Selon lui, des covenants reposant sur le cash-flow et la valeur des actifs refléteraient mieux la situation de la société.

Second objectif, rééchelonner deux échéances de taille: 600 millions de dollars en principal en 2012 puis un peu plus d’un milliard en 2013. Le transporteur souhaiterait obtenir un peu d’air, à la fois pour revenir sur le marché obligataire après une émission à haut rendement début 2011, mais aussi pour préparer 2015. A cette date, le groupe familial turc Yildirim, qui a investi 500 millions de dollars en obligations remboursables en actions (ORA) fin 2010, pourra en effet prendre 20% du capital de CMA CGM.

Alors que des déclarations récentes de Robert Yildirim supposaient des dissensions au conseil d’administration, Michel Sirat assure que le groupe est en phase avec son investisseur. Néanmoins, si Yildirim optait d’ici à 2015 pour une cession de ses ORA, la famille Saadé devrait trouver les capitaux pour les racheter. L’idée d’une introduction en Bourse a été envisagée dès le départ.

D’autres solutions sont possibles, indique Michel Sirat. Le groupe dit discuter de façon régulière avec le Fonds stratégique d’investissement. En 2010, soucieuse de préserver l’indépendance du groupe, la famille Saadé avait préféré le groupe familial Yildirim à l’investisseur public FSI.

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