CMA CGM retrouve une situation financière plus conforme à sa stature
CMA CGM a achevé en début de semaine le processus de restructuration de sa dette après quasiment un an de négociations avec ses 70 banques. Le numéro trois mondial du transport maritime de marchandises, dont la dette s’élève à 4,6 milliards de dollars, devait 600 millions de dollars en principal en 2012 et un peu plus d’un milliard en 2013. L’accord avec les banques, dont les modalités n’ont pas été détaillées, prévoit le refinancement partiel de la ligne de crédit venant à échéance en 2013 en de nouveaux prêts à plus de 3 ans pour un montant total de 280 millions d’euros. Il comprend aussi une modification des covenants. Ces derniers ne reposent plus sur l’Ebitda, jugé trop fluctuant, mais sur la valeur des actifs.
La restructuration a été facilitée par la promesse faite fin 2012 par le Fonds stratégique d’investissement (FSI) d’injecter 150 millions de dollars via des obligations remboursables en actions à échéance 2020. En cas d’exercice, elles permettraient au FSI de détenir 6% du capital de CMA CGM. Le fonds a obtenu un siège d’administrateur au conseil ainsi que le poste de censeur. Il détient également des droits de gouvernance sur certaines décisions de la société. L’accord a été signé et sera mis en œuvre dans les trois mois.
Pour renforcer un peu plus ses fonds propres, le transporteur a, conformément à la possibilité qui lui était offerte jusqu'à fin septembre 2012, tiré 100 millions de dollars sur la ligne de 250 millions ouverte par la société turque Yildirim. Ces fonds s’ajoutent ainsi aux 500 millions de dollars apportés par le groupe familial turc fin 2010 sous forme d’ORA à échéance 2015. A terme, et en cas d’exercice, Yildirim pourrait détenir 24% du capital de CMA CGM. Au bout du compte, les fonds propres de l’armateur atteignent 4 milliards de dollars.
Ces différentes mesures, complétées par la cession d’une participation minoritaire de 49% de Terminal Link à China Merchants Holdings pour un montant de 400 millions d’euros, ont permis une forte remontée du prix des obligations high yield du groupe. Celles-ci, qui cotaient encore à la moitié du pair durant l’été 2012, sont remontées à 85%.
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