CMA CGM négocie une dispense sur ses clauses de crédit
Le contrecoup du ralentissement économique en Europe risque de renvoyer CMA CGM dans le rouge. Si le trafic maritime mondial continue de croître, à un taux de l’ordre de 5% pour 2011, les capacités de transport restent excédentaires, principalement en Europe, ce qui pèse sur les taux de remplissage des navires et sur les tarifs.
Conséquence, alors que l’Europe représente un tiers de son activité, le numéro trois mondial du transport maritime de conteneurs devrait perdre de l’argent en 2011. Au premier semestre, CMA CGM avait enregistré un bénéfice d’exploitation (ebit) de 592 millions de dollars et un bénéfice net de 237 millions. Récemment, le numéro un mondial, le danois AP Moller-Maersk a prévenu qu’il sera déficitaire en 2011 après avoir essuyé une perte de 297 millions de dollars dans l’activité conteneurs au troisième trimestre.
Pour tenter de compenser une partie de la dégradation de ses résultats, CMA CGM a lancé un plan d’économies annuelles de 400 millions de dollars. Les achats de nouveaux navires ont également été gelés d’autant que les banques européennes ont totalement fermé ces dernières semaines les vannes du crédit pour le financement de bateaux.
Néanmoins, malgré ces mesures, CMA CGM risque de ne pas respecter deux des cinq clauses associées à sa dette (covenants), dont le montant s’élevait à 5,3 milliards de dollars à fin juin. Pour éviter d’en arriver là, la direction du groupe négocie avec ses banques un «waiver fee» qui lui permettrait, en échange d’une commission, de ne pas avoir à tester en début d’année prochaine le covenant de couverture des frais financiers (coverage) et celui sur le ratio d’endettement (leverage). Les discussions, bien engagées, devraient aboutir dans les prochaines semaines, selon une source proche.
A plus long terme, après l’émission obligataire à haut rendement émise en avril 2011 (elle cote environ 40% du pair selon S&P Capital IQ), CMA CGM continue de réfléchir au financement de ses futurs investissements via une introduction en Bourse. Envisagée pour 2015, l’opération offrirait aussi une porte de sortie au groupe familial turc Yildirim qui a investi 500 millions de dollars en obligations remboursables en actions (ORA) fin 2010. Ces titres lui permettront, à l’horizon 2015, de détenir 20% du capital de CMA CGM, aux côtés de la famille Saadé.
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