Citigroup toilette les bonus de ses dirigeants pour amadouer ses actionnaires
Le bonus de Michael Corbat a du mal à passer. Alors que se profile l’assemblée générale de Citigroup le 26 avril, la banque a revu le mode de calcul d’une partie des bonus différés de son directeur général et d’autres cadres dirigeants pour calmer l’inquiétude de certains actionnaires. Le nouveau modèle, qui ne modifie pas l’enveloppe globale attribuée au titre de l’exercice 2015, limitera en outre les émoluments des dirigeants si le rendement absolu des actions est négatif pendant trois ans.
Compte tenu de la performance de Citigroup, et notamment d’un profit de 17,2 milliards de dollars, à son plus haut niveau depuis 2006, Michael Corbat a vu sa rémunération augmenter de 27% l’an dernier, à 16,5 millions. Ce montant comprend un salaire fixe de 1,5 million ainsi qu’un bonus en cash non différé de 6 millions, les 9 millions restants se composant à parts égales entre un bonus différé en actions et un programme lié à la performance du titre (PSU).
Déterminé à chaque exercice par le Comité de rémunération, le PSU est converti pendant une période transitoire de trois ans en un nombre d’actions. A l’échéance, ce portefeuille de titres est susceptible de gonfler à 150% ou de tomber à 0% en fonction d’une grille comparant les performances de la banque à celles de huit pairs. Il est alors converti selon la dernière moyenne à 20 jours disponible du prix de l’action Citigroup, puis distribué aux bénéficiaires en cash.
«Le programme de Citigroup est en fin de compte discrétionnaire et la décision d’octroyer à Michael Corbat sa plus forte rémunération à date n’est pas justifiée étant donné la performance en retrait de l’action», estime l’agence de conseil en vote ISS. Faisant fi du durcissement de la grille du PSU, qui ne prévoit désormais une enveloppe gonflée à 150% que si les performances de Citigroup la placent dans le premier quartile, le cabinet Glass Lewis a aussi recommandé de voter contre cette enveloppe.
Malgré un second semestre chaotique, les banques américaines ont globalement eu un bon exercice 2015 qui a induit une inflation des bonus. Le patron de JPMorgan, Jamie Dimon, a bénéficié d’un bond de 35% de sa rémunération, à 27 millions de dollars, contre une hausse de 23% pour Brian Moynihan chez Bank of America. Les rémunérations des patrons de Morgan Stanley et Goldman Sachs, James Gorman et Lloyd Blankfein, ont elles baissé de 6,7% et 4,2%.
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