Ciments Français amorce sa sortie de la Turquie

La filiale d’Italcementi cède Set Group au conglomérat turc Limak pour 290 millions d’euros. La vente d’Afyon, autre actif turc, est à l’étude
Bruno de Roulhac

Trois ans après avoir annoncé son intention de se désengager de la Turquie, Ciments Français annonce la vente de Set Group au conglomérat turc Limak Holding pour 290 millions d’euros, hors dette et trésorerie. L’endettement net ressortait à 17 millions d’euros fin 2010. «Si le prix ressort dans le bas de fourchette des transactions historiques, Ciments Français réalise une bonne opération au regard de l’absence de rentabilité de Set Group», explique Rafic el Haddad, analyste chez Natixis.

Conseillé par Mediobanca, Ciments Français compte finaliser l’opération au deuxième trimestre. La plus-value dégagée sera communiquée le 7 mars, précise une porte-parole du groupe. Fin 2009, la valeur nette comptable de Set était de 154 millions d’euros.

Set Group constitue le principal actif de Ciments Français en Turquie, avec 130 millions d’euros de ventes l’an dernier, soit 3,1% de l’ensemble du chiffre d’affaires du groupe. Le résultat brut d’exploitation de Set Group devrait seulement ressortir à l’équilibre, dans l’attente de la publication des résultats de Ciments Français le 4 mars. En 2009, le chiffre d’affaires de la Turquie avait chuté de près de 39% à 132 millions d’euros, affichant une perte d’exploitation courante de 6 millions d’euros, seule zone du groupe s’affichant en perte. Aussi, «Ciments Français devait, soit investir lourdement pour rénover l’outil de production, soit sortir de ce ‘corner’, poursuit Rafic el Haddad. Il pourrait maintenant investir le produit de la cession dans des développements, notamment en Inde».

En avril 2008, le cimentier français avait annoncé la cession de ses activités en Turquie au russe Sibirsky pour 600 millions d’euros, soit environ 13 fois l’Ebitda 2007 (pour un chiffre d’affaires de 260 millions). Un «bon prix» estimaient à l’époque les analystes. La tonne de ciment était ainsi valorisée 171 euros, contre environ 83 euros dans l’opération annoncée vendredi. Finalement, Ciments Français avait mis fin à l’accord en octobre 2008.

La filiale d’Italcementi annonce également son intention d’étudier «les meilleures opportunités industrielles et financières» pour le turc Afyon Cimento. Une annonce qui a fait rebondir le titre Afyon de près de 8% vendredi à la Bourse d’Istanbul. La société capitalise près de 600 millions de lires turques, soit 375 millions de dollars. Et Ciments Français en détient 76,5%.

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