Chuc Hoang lance une contre-offre sur la Société de la Tour Eiffel
Nouveau coup de théâtre. L’AMF a publié hier soir le projet d’OPA d’Eurobail (structure de Chuc Hoang) sur la Société de la Tour Eiffel (STE) au prix de 55 euros par action, coupon attaché. Si l’homme d’affaires français d’origine vietnamienne n’a jamais caché qu’il n’apporterait pas ses titres à l’offre en surenchère de SMABTP de 53 euros, «nous n’avons pas pour projet de prendre le contrôle de la société», confiait-il à L’Agefi début mai.
Ce dépôt d’offre est consécutif au franchissement du seuil de 30% du capital, déclenchant une offre obligatoire, à la suite de l’acquisition hier hors marché de 0,77% du capital au prix unitaire de 55 euros. Chuc Hoang, via Eurobail, Mi29 et Foncière Wilson, détient désormais 30,31% du capital et des droits de vote. L’offre, présentée par Natixis, pourrait être ouverte du 27 juin au 4 août.
Alors que SMABTP avait expliqué qu’il ne pouvait garantir le maintien du statut SIIC, dans l’attente d’une décision de la cour d’appel de Paris en raison de la procédure intentée par Chuc Hoang, l’initiateur entend assurer le maintien de ce statut, qui permet «actuellement à STE d’être exonéré d’impôt sur les sociétés». STE avait chiffré à 5 millions d’euros le coût de la perte du statut SIIC. Ainsi, l’initiateur prévoit de reclasser les titres acquis, au-delà d’une détention de 55% du capital auprès de Caravelle, et entre 70% et 83,27% auprès d’Effi-Invest II.
L’offre – d’un montant maximal de 241 millions d’euros – sera financée grâce à un accord avec ColFin Tour Eiffel, contrôlé par des fonds conseillés par Colony, qui s’est engagé à souscrire des obligations simples et des obligations remboursables en actions (ORA) pour un maximum de 162,6 millions d’euros. Ces ORA donnant droit au maximum à 9,73% du capital de STE.
Chuc Hoang, qui conteste la politique de recentrage de STE sur l’immobilier de bureaux parisien, envisage une stratégie en trois étapes: rationalisation de la gestion, allongement de la maturité de la dette, reprise des acquisitions dans l’optique d’un rééquilibrage du patrimoine. Quel que soit le résultat de l’offre, l’initiateur demandera une représentation majoritaire au conseil, et proposera un siège pour Caravelle et un pour Effi-Invest si leur participation est d’au moins 5% chacun.
STE précisait hier à L’Agefi que son conseil se réunirait le plus rapidement possible, tandis que SMABTP n’était pas joignable.
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