Chrysler file vers la Bourse au grand dam de Fiat
Sauf coup de théâtre de dernière minute, Sergio Marchionne, le directeur général de Fiat, est en train de perdre son bras de fer avec le second actionnaire de sa filiale américaine Chrysler. Le constructeur automobile américain devrait déposer cette semaine son document de base d’introduction en Bourse auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC). L’opération pourrait avoir lieu début 2014.
Le retour en Bourse de Chrysler, après son dépôt de bilan en 2009 et son rachat partiel par Fiat, est poussée par Veba (Voluntary Employees Beneficiary Association), l’organisme chargé de verser les prestations de santé de plus de 800.000 retraités du secteur automobile américain pour le compte du syndicat «United Auto Workers» (UAW). Comme il en a la possibilité, Veba souhaite s’appuyer sur la Bourse pour valoriser au mieux sa participation de 41,5% au capital de Chrysler. Selon les accords, l’organisme de retraite peut placer jusqu’à 25% du capital du constructeur automobile en Bourse. Les autres 16% sont régis par des accords d’options avec Fiat.
Le groupe italien, qui possède le solde du capital, souhaite racheter la part de Veba afin de contrôler Chrysler à 100% et mettre en place des synergies financières et industrielles avec sa division automobile européenne. Les deux parties n’ont jamais réussi à trouver un accord sur le prix et ont même engagé une procédure devant un tribunal américain pour déterminer la valeur des options que détient Fiat sur 16% du capital de Chrysler.
La mise en Bourse de sa filiale américaine constitue donc une mauvaise nouvelle pour Fiat. Car une fois Chrysler coté, le groupe italien devra convaincre des milliers d’actionnaires minoritaires dont certains ne manqueront pas de prendre délibérément position pour miser sur une prochaine offre d’achat du constructeur. La facture finale risque donc de se révéler plus élevée que prévu pour Fiat.
Selon les sources, Veba estimerait sa part au capital de Chrysler à environ 5 milliards de dollars, au-delà des 4,2 milliards avancés par Fiat. La mise en Bourse retarderait également la planning d’une éventuelle fusion avec Chrysler, alors que Fiat espérait initialement aboutir en 2014. Fiat prévoit de faire un point sur ses objectifs financiers en octobre en fonction de l’avancée des discussions avec Veba. Il est probable qu’ils ne tiennent pas compte d’un contrôle à 100% de Chrysler.
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