Charter Communications veut revenir dans la course au rachat de TWC
Charter Communications ne s’avoue pas battu pour le rachat de Time Warner Cable (TWC). Le quatrième câblo-opérateur américain a ainsi remis à la SEC, le gendarme boursier américain, un document dans lequel il prévient les investisseurs des «risques réglementaires élevés» d’une fusion avec Comcast, leader du secteur aux Etats-Unis devant TWC. Il relève également «un processus de négociation biaisé», notamment en raison de l’absence d’une indemnité de rupture.
L’offre de 37 milliards de dollars en numéraire et en titres de Charter a été jugée insuffisante par le management de TWC qui lui a préféré la proposition de rachat en titres de Comcast pour 45 milliards.
Alors que six Etats se sont associés au département de la Justice pour déterminer les conséquences de cette fusion en termes de concurrence, la Commission fédérale des communications (FCC), instance de régulation du secteur, pourrait de son côté chercher à protéger certains acteurs du web comme Netflix d’une hausse excessive des commissions à payer pour la diffusion de contenus en streaming. Elle pourrait aussi faire pression sur Comcast pour qu’il relie davantage de services publics à l’internet à haut débit.
Si l’action Comcast a perdu environ 10% depuis l’annonce du projet de rachat de TWC le 13 février dernier, il faudrait qu’elle perde encore 8% supplémentaires pour atteindre le niveau correspondant à l’offre de Charter. Le cours de Bourse de ce dernier a d’ailleurs lui-même reculé de 10% depuis la mi-février. La déclaration de Charter n’a pas semblé émouvoir TWC qui est resté sur ses positions vendredi. «Nous sommes totalement engagés dans notre projet de fusion avec Comcast, que nous croyons être dans le meilleur intérêt de nos actionnaires», a déclaré le groupe dans un bref communiqué.
Pour convaincre les actionnaires de TWC du bien-fondé de son offre, Charter peut s’appuyer sur l’accélération de sa dynamique de croissance l’an dernier avec un gain de 172.000 clients résidentiels, contre 120.000 nouveaux abonnés acquis en 2012. Son chiffre d’affaires a augmenté de 5% à 8,4 milliards de dollars à périmètre constant et il a généré un cash-flow libre de 409 millions de dollars, malgré une légère hausse de ses investissements industriels à 1,8 milliard. Mais compte tenu d’une trésorerie de seulement 21 millions à fin décembre 2013, la liquidité du groupe se compose essentiellement de facilités de crédit pour environ 1,1 milliard de dollars.
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