CGG se redonne la possibilité d’augmenter son capital à moyen terme
La Bourse de Paris n’avait pas connu ce type d’opération financière depuis celle menée par Infogrames en 2007. CGG a obtenu vendredi de ses actionnaires la possibilité de lancer une nouvelle obligation convertible ou échangeable en action nouvelle ou existante (Oceane), à maturité 2020, destinée à être échangée contre celles en circulation.
Emises en 2012, pour un montant de 315 millions d’euros, les anciennes Oceane arrivaient à maturité en 2019, ce qui laissait encore un peu de temps au groupe de services pétroliers pour trouver une solution de refinancement. Mais compte tenu de leur caractéristique et du niveau du cours de Bourse actuel de CGG, leur conversion était hautement improbable: CGG cotait 6,12 euros vendredi soir pour un prix de conversion de 32 euros.
Le groupe a donc préféré régler le dossier dès à présent. Mais plutôt qu’émettre une nouvelle Oceane pour racheter l’ancienne, ce qui l’aurait certainement contraint à offrir un coupon élevé avec un important risque de dilution pour ses actionnaires, CGG a opté pour la voie de l’offre publique d’échange. «Contre un gain d’une année de maturité, nous offrons à nos porteurs d’obligations convertibles une rémunération plus intéressante, avec un coupon de 1,75% contre 1,25% pour la précédente Oceane. De même, en abaissant le prix d’exercice, de 32 à près de 13 euros, nous redonnons une véritable composante optionnelle à l’instrument, la perspective de conversion en action à terme étant bien plus probable», explique Stéphane-Paul Frydman, le directeur financier de CGG. L’OPE accorde de la souplesse aux obligataires en leur donnant «la possibilité d’une conversion totale mais également partielle» de leurs titres, les deux souches d’Oceane pouvant cohabiter, ajoute Cyril Revenu, directeur marchés primaires actions chez HSBC France, la banque présentatrice de l’offre.
Si elle réussit, un premier seuil de caducité a été fixé à 40% afin de garantir un minimum de liquidité aux nouveaux obligataires, l’OPE donnera surtout à CGG la possibilité de renforcer son capital. «Dans l’hypothèse que l’on souhaite d’une appréciation de l’action au-delà de 13 euros, cette opération pourrait permettre à CGG d’augmenter de manière différée son capital, idéalement dès 2017, avec un accroissement du nombre d’actions - jusqu’à 16% - acceptable par nos actionnaires, et donc de bénéficier d’un bilan moins chargé en endettement», explique Stéphane-Paul Frydman.
Plus d'articles du même thème
-
Orange relève encore ses prévisions après un bon trimestre
L'opérateur télécoms prévoit désormais une hausse de son excédent brut d'exploitation ajusté retraité de 4,5% cette année. -
Le Canada ambitionne l'injection de 5,5 milliards de dollars en capital-risque dans son économie
Le gouvernement fédéral du Canada a dévoilé sa nouvelle stratégie en matière de capital-risque et de croissance. Il lance un appel à déclaration d'intérêt aux grands investisseurs institutionnels. -
Guillaume Abel devient chargé de mission sur l'IA et l'ESG de Natixis IM
Il était précédemment directeur général délégué de Mirova. Il conseillera le directeur général de NIM, avec lequel il a déjà travaillé par le passé.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
Dossier explosifAutonomie corse : récit de la folle nuit où tout a basculé au Sénat
Le sénateurs ont détricoté puis rejeté le texte sur l'autonomie corse. Les forces nationalistes, qui avaient quitté le processus de Beauvau en cours de séance, entretiennent le mystère sur la suite -
DilemmeSmic et coût du travail : chez Jean-Pierre Farandou, le bras de fer s'engage
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou consulte tous azimuts pour tenter de désamorcer la crise du pouvoir d'achat -
RaretéLe crépuscule de la société en commandite
Longtemps prisée pour protéger le contrôle des entreprises, la société en commandite disparaît de la Bourse de Paris, à l'instar de Rubis