Casino s’attache à améliorer son profil de dette
Après les ventes, les rachats. Casino a annoncé hier le lancement d’une offre d’acquisition sur trois souches obligataires : janvier 2023, février 2025 et août 2026. Le montant indicatif de l’opération s’élève à 500 millions d’euros au total, sur un montant en circulation de l’ordre de 2,5 milliards. L’offre est ouverte jusqu’au 10 juin et les résultats seront annoncés trois jours plus tard. Le prix des offres sur les différentes souches présentent des spreads compris entre 22 et 28 points de base selon les analystes de CreditSights.
Ces rachats d’obligations visent à réutiliser une partie des 4,1 milliards de dollars perçus de la vente ces dernières semaines de Big C en Thaïlande et au Vietnam pour alléger la dette. Sans chiffrer l’effet, le distributeur explique que cette offre réduira sa dette brute et son coût d’endettement financier dès l’exercice 2016. En plus de cette offre d’acquisition, Casino avait déjà racheté sur le marché pour 64 millions d’euros d’obligations ces dernières semaines.
Rachat impératif des obligations remboursables Monoprix
Renfloué par la cession de ses actifs asiatiques, et mis sous pression depuis les analyses du fonds spéculatif américain Muddy Waters, Casino se montre un peu plus actif en matière de gestion de sa dette. Début mai, le distributeur avait exercé son option d’achat sur la totalité des 500 millions d’euros d’obligations remboursables en actions émises par Monoprix en décembre 2013. Celles-ci avaient été souscrites par Crédit Agricole CIB. Ce rachat était impératif pour Casino. A maturité, le Crédit Agricole aurait en effet bénéficié d’actions préférentielles Monoprix portant sur 21,5% du capital du groupe de supermarchés et il aurait profité de dividendes doubles. Or, Monoprix est le principal générateur de cash-flow de Casino, représentant selon les analystes d’Oddo 68% du résultat d’exploitation (Ebit) du groupe en France.
Son programme de cessions d’actifs ayant finalement rapporté plus que prévu initialement, Casino devrait poursuivre l’allégement de sa structure de dette dans les prochaines semaines. Mais ce mouvement est toutefois compliqué par la faiblesse de la décote des obligations, les investisseurs ayant anticipé ces dernières semaines ces opérations de rachats.
Plus d'articles du même thème
-
Daniel Kretinsky et les créanciers de Casino pourraient finir par s’entendre
Une conversion de dettes en actions et une augmentation de capital souscrite par le premier actionnaire du distributeur sont toujours au programme. Les créanciers pourraient ensuite revendre leur participation à Daniel Kretinsky qui détiendrait alors près de 100% de Casino. -
Le CAC 40 face aux exigences de l’eldorado brésilien
Renault, Carrefour, Engie, TotalEnergies ou encore Vinci, les grands groupes français sont présents de longue date au Brésil. De l’automobile à la distribution en passant par l’énergie, ils y jouent gros. -
Malgré les tensions, les discussions autour de la restructuration de Casino se poursuivent
Le distributeur ne paiera pas les intérêts dus fin septembre à certains de ses créanciers qui lui ont intenté une action contentieuse en août et s’opposent au projet de restructuration qu’il a choisi. Un accord entre les différentes parties semble malgré tout encore possible.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Contenu de nos partenaires
-
Parcoursup, ce totem du mouvement lycéen qui s'impose dans la course à l'Elysée
Jean-Luc Mélenchon accuse la plateforme de « tri social ». Les autres candidats proposent de la faire évoluer, voire de la supprimer. Mais personne n'a de solution miracle pour régler la question de l’accès aux études supérieures -
Budget 2027 : les députés refusent tout effort sur les retraités
Après le rejet de la réforme de l'abattement de 10 % des retraités, mesure clé du PLF, les parlementaires, réunis en commission, ont rejeté la désindexation des pensions inscrite dans le budget de la Sécu -
Les risques de débordement « se confirment » : à quoi s'attendre ce 17 octobre ?
Selon différentes sources sécuritaires, des mouvances violentes pourraient infiltrer les cortèges et faire dégénérer les manifestations. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, veut se montrer ferme pour l’occasion