Casino réaffirme sa position incontournable dans le dossier brésilien

Le conseil de Carrefour se prononce en faveur du projet de rapprochement au Brésil. Casino menace d’engager une procédure à son encontre
Bruno de Roulhac

Le torchon brûle entre Casino et Carrefour. Le conseil d’administration de ce dernier a approuvé hier à l’unanimité le projet de partenariat au Brésil avec CBD, accord soutenu par Abilio Diniz, l’associé historique de Casino dans le pays. Si les observateurs s’accordent sur la pertinence d’une opération qui permettrait au distributeur français de réaliser plus de 40% de ses ventes dans les marchés de croissance en 2013, Carrefour rappelle que l’opération est conditionnée à l’approbation de CBD, et à celle de BNDES, la banque brésilienne du développement, qui s’est engagée à apporter 1,7 milliard d’euros de capital.

Deux conditions qui ne sont pas levées. D’une part, le président de BNDES a déclaré que l’accord de Casino est indispensable. D’autre part, l’approbation de CBD passe par celle de sa holding de contrôle Wilkes – constituée de deux administrateurs de Diniz et de deux de Casino – qui doit prendre sa décision à l’unanimité. Les actionnaires de Wilkes se réuniront le 2 août.

Casino semble ainsi garder la main. Pourtant, le distributeur stéphanois a jugé bon d’aller plus loin dans les hostilités. Il considère que «Carrefour et ses administrateurs engagent leur responsabilité en acceptant, malgré les avertissements, une opération menée de manière hostile et dans le cadre de négociations illégales». Aucune procédure n’est encore lancée, mais la menace est là, un tiers ne pouvant contribuer à violer un pacte entre deux partenaires. Casino ne fait pas preuve de plus d’indulgence à l’encontre de Diniz. Il a saisi pour la seconde fois en un mois la Chambre de commerce internationale d’une procédure d’arbitrage, cette fois pour rappeler à Diniz ses engagements au conseil de Wilkes. L’assignation du 30 mai portait sur le non respect du pacte d’actionnaires.

Au cœur de ces dissensions se trouve l’interprétation du pacte d’actionnaire, prévoyant que «chacune des parties s’engage à ne prendre aucune mesure, ou d’omettre de prendre toute action, si une telle action ou omission nuisait au contrôle par les actionnaires de la holding, et donc de CBD». Faut-il encore pouvoir le prouver… Pour Diniz, de simples discussions avec d’éventuels partenaires ne rompent pas l’accord, rappelant que cela a déjà été le cas dans le passé. La convocation du conseil de Wilkes est imminente. Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino, est déjà au Brésil. Il devrait rencontrer également les représentants de BNDES.

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