Casino réaffirme avec force son engagement au Brésil
La pression de Casino sur son partenaire brésilien Grupo Pão de Açúcar (GPA) s’accentue. Le groupe stéphanois se renforce au capital du distributeur brésilien à hauteur de 3,3%, via le rachat sur le marché de 8,6 millions d’actions préférentielles et «réaffirme son engagement dans GPA et sa confiance dans son équipe de direction». Si le groupe se refuse à dévoiler le prix de l’opération, le titre affichait un cours moyen de 42,2 dollars sur les 30 derniers jours, soit un investissement de l’ordre de 363 millions de dollars (256 millions d’euros). Casino détient désormais 37% de GPA (ex-CBD), tandis que son partenaire Diniz reste à 21%. Le reste du capital est dispersé. «Cette participation est dans la logique de toujours de Casino, monter progressivement au capital et in fine en prendre le contrôle, rappelle un analyste. Le groupe français a profité du léger repli du cours de GPA par rapport à ses plus hauts, un signe encourageant au regard de la croissance attendue de Pão de Açúcar».
Casino semble surtout lancer un nouvel avertissement à son partenaire Diniz, deux semaines après avoir engagé une procédure d’arbitrage à son encontre, lui demandant de respecter leur pacte d’actionnaires, après des rumeurs – démenties – de rapprochement entre Diniz et Carrefour. D’ailleurs, ces incertitudes juridiques actuelles «pourraient avoir un effet négatif sur les opérations de CBD, au moment où la société vient de boucler son plan de transformation», relève Morgan Stanley, tout en relevant à «neutre» son opinion sur Casino.
En attendant, Casino «manifeste sa volonté de conserver GPA et d’en prendre le contrôle, comme prévu par l’accord avec Diniz, explique Virginie Blin, analyste chez AlphaValue. En revanche, nous ne voyons pas Casino remonter au capital rapidement. Si GPA est en forte croissance, son exposition au crédit à la consommation est un risque important qui ne doit pas être négligé». De plus, «nous doutons que Casino ait la capacité financière de passer de 37% à 50%, ce qui lui coûterait environ 1 milliard d’euros», note Bank of America Merrill Lynch.
Est-ce nécessaire? Le contrôle du groupe est toujours exercé par la holding Wilkes, dont Casino et Abilio Diniz détiennent chacun 50% des droits de vote. En juin 2012, Casino doit en prendre le contrôle avec une action supplémentaire. Le pacte d’actionnaires prévoit alors une option d’achat en faveur de Casino.
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