Casino et Galeries Lafayette s’opposent sur le juste prix de Monoprix

La part de 50% de Galeries Lafayette est valorisée par ce dernier à 1,35 milliard d’euros, le double de l’estimation de Casino
Benoît Menou

La valorisation de Monoprix fait l’objet d’une querelle d’épiciers à plusieurs centaines de millions d’euros. Casino, qui assure avec Galeries Lafayette le contrôle paritaire de Monoprix, a dévoilé hier soir dans un communiqué sa version des dessous de l’affaire. Titulaire d’une option de vente, l’enseigne du Boulevard Haussmann a fait connaître à Casino, comme le souligne ce dernier, «son intention de mettre fin au partenariat». Galeries Lafayette a ainsi «mis en œuvre, le 7 décembre 2011 le processus d’évaluation du prix, qui lui ouvre ensuite un délai pour décider de vendre».

Mais les valorisations divergent. Alors que, selon Casino, la banque conseil de Galeries Lafayette a abouti à une valorisation de 1,95 milliard d’euros, le groupe stéphanois a reçu une offre de 1,35 milliard. C’est encore près du double de la valorisation de 700 millions d’euros établie par la banque de Casino. Le protocole signé entre les deux groupes prévoit alors la nomination d’un troisième expert, dont l’évaluation «s’impose». Las, Casino souligne que la banque pressentie pour cette mission n’a pas souhaité intervenir, faute d’accord entre les deux parties «au préalable sur les principales projections financières devant servir de base à l’évaluation».

Galeries Lafayette a refusé la désignation d’un autre expert et assigné Casino devant le tribunal de commerce de Paris au prétexte que ses hypothèses financières doivent s’imposer à son interlocuteur. Casino est sorti du bois hier pour dénoncer le fait que «cette assignation a pour seule vocation de l’amener par la pression à accepter l’objectif de prix que s’est fixé Galeries Lafayette».

Casino s’insurge en outre de la prorogation du mandat de PDG accordé à Philippe Houzé lors du conseild’administration de Monoprix du 22 février, alors que la présidence du conseil «doit être assurée par Casino à partir du 31 mars» prochain, pour des périodes de trois ans en alternance avec son partenaire. Galeries Lafayette aurait ainsi «choisi de violer ses engagements contractuels». Cet acte belliqueux concernant le mandat de PDG constitue assurément selon Casino une «prise d’otages». Le distributeur stéphanois «va saisir les juridictions compétentespour faire respecter par Galeries Lafayette ses engagements».

Selon un connaisseur averti du dossier, la procédure judiciaire qui s’engage ne devrait pas trouver d’issue avant l’année prochaine.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...