Casino devra affronter l’Autorité de la concurrence pour racheter Monoprix
Casino et Galeries Lafayette font la paix. En conflit ouvert depuis plusieurs mois sur la valorisation de Monoprix, les deux distributeurs viennent de trouver un accord, sous l’égide du président du Tribunal de commerce de Paris.
Aux termes de ce protocole transactionnel, Casino devrait racheter les 50% de Monoprix non encore détenus avant le 30 octobre 2013, au prix de 1,175 milliard d’euros, indexé à compter du 1er avril 2013. Ce prix ressort en ligne avec les attentes du marché et avec une décote de 13% sur le prix demandé par les Galeries Lafayette. Ces dernières valorisaient leur participation à 1,95 milliard, et Casino à 700 millions, mais avaient proposé dès février une offre de vente ou d’achat à 1,35 milliard. Pour sa part, Casino comptabilisait fin 2010 sa participation à 1,22 milliard. Un prix correspondant à un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda 2012 «d’environ 8 fois, ce qui constitue un niveau relativement élevé», note l’analyse crédit de Natixis.
Casino devrait facilement financer cette opération, notamment grâce aux 800 à 900 millions provenant de Mercialys et par sa génération de cash. D’ailleurs, Fitch a confirmé la note «BBB-» du distributeur.
Selon l’accord, Galeries Lafayette a renoncé au dividende Monoprix au titre de 2012 versé en 2013. Casino devrait ainsi toucher la totalité des dividendes l’an prochain, soit environ 120 millions d’euros.
Parallèlement, Jean-Charles Naouri a été nommé administrateur de Monoprix lors de l’AG de vendredi et devrait être nommé PDG à la fin 2012.
Après la consultation du personnel de Monoprix, en juillet, Casino devra affronter l’Autorité de la concurrence. Cette dernière avait déclaré en janvier que la place de Casino à Paris «constitue un obstacle à la concurrence», sans pour autant constater d’abus de position dominante. L’Autorité indépendante devrait ainsi être particulièrement regardante sur le dossier.
A partir de la notification formelle du dossier, attendue au dernier trimestre 2012, la procédure pourrait prendre de 2 à 10 mois, en fonction des prolongements de délais liés aux éléments nouveaux. L’Autorité de la concurrence pourrait demander des engagements structurels (cessions…) ou de comportements (exclusivité…). Un accord serait espéré à la fin du premier semestre 2013. Alors, après la cession effective des titres Monoprix, les deux parties renonceront aux procédures judiciaires en cours.
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