Carrefour remporte Bio c’ Bon
Le suspense a pris fin lundi en milieu d’après-midi. Le tribunal de commerce de Paris a fait de Carrefour le nouveau propriétaire de l’enseigne Bio c’Bon. Un verdict qui ne surprend pas, au vu de la longueur d’avance qu’avait pris le groupe dirigé par Alexandre Bompard. L’offre émise par le géant de la distribution était nettement supérieure à celle de ses concurrents. 60 millions d’euros ont été proposés pour la reprise de l’actif, auxquels s’ajoutent 40 millions d’investissement. Mieux disant financièrement, Carrefour était aussi irréprochable sur l’aspect social en reprenant les 107 magasins et l’intégralité des salariés, soit près d’un millier de personnes. Avec une garantie sur l’emploi de 18 mois. «Le rachat de Bio c’ Bon et son intégration à So.bio permettra de constituer un acteur majeur de la distribution spécialisée bio, dont vous serez les acteurs au quotidien», a déclaré le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, dans un courrier adressé au millier de salariés de l’enseigne.
Face à Carrefour se trouvaient notamment Biocoop, allié à son homologue du Sud-Est Marcel & Fils (dont la vente est en cours, comme l’a révélé L’Agefi la semaine dernière), mais aussi la famille Zouari, actionnaire de la chaîne de surgelés Picard. Cette dernière était associée à l’ancien directeur général de Biocoop Gilles Piquet-Pellorce et avait proposé un prix 10 millions d’euros, couplé à un investissement de 70 millions. Mais ce «come-back» par la petite porte n’aura pas marché. La famille Zouari avait rebroussé chemin en juin après avoir évalué l’important passif de Bio c’ Bon, alors qu’elle était entrée en négociations exclusives.
Carrefour va donc pouvoir accélérer dans la distribution bio. Créé en 2005 dans la région bordelaise, So.bio était constitué de huit points de vente, mais l’enseigne a été en mesure de tripler de taille depuis son rachat par le groupe coté. «Aujourd’hui, notre ambition est de conserver le réseau, l’enseigne, les équipes, les convictions de Bio c’ Bon et de combiner ces valeurs à celles de So.bio, qui sont compatibles et complémentaires. Bio c’ Bon sera l’enseigne des magasins bio, urbains, premium, de moyen format et l’enseigne So.bio sera l’enseigne des magasins de périphérie, de grande taille», a expliqué Alexandre Bompard.
Le dossier Bio c’ Bon n’est pas totalement refermé pour autant. Des investisseurs particuliers qui avaient souscrit à des produits financiers adossés au groupe bio, et qui ont perdu gros dans son redressement judiciaire, menacent de saisir la justice.
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