Carrefour rassure le marché en ne lançant pas d’avertissement

Le distributeur est «confortable» avec le consensus de résultat opérationnel. Les ventes du deuxième trimestre sont en ligne avec les attentes
Bruno de Roulhac

L’ère Plassat chez Carrefour débute sous d’heureux auspices! Contrairement aux craintes de certains analystes, le distributeur n’a pas lancé d’avertissement sur ses résultats annuels et se dit même «confortable» avec le consensus de résultat opérationnel courant (ROC), compris entre 2,03 et 2,09 milliards d’euros. En haut de fourchette, le ROC baisserait en théorie d’environ 5% par rapport aux 2,18 milliards publiés l’an dernier, mais en réalité le recul devrait être plus fort avec la déconsolidation de la Grèce, en forte perte opérationnelle l’an dernier.

Autre bonne nouvelle, l’activité du deuxième trimestre est ressortie en ligne avec les attentes du marché. Pour autant, le chiffre d’affaires de Carrefour continue de se dégrader, en baisse de 0,3% à 21,7 milliards, soit un recul de 1,3% en comparables et hors essence (contre -0,1% au premier trimestre).

L’Amérique latine (20% des ventes) reste le moteur du groupe, avec une croissance en comparables et hors essence de 6,9%. Une performance qui permet d’effacer partiellement les très mauvaises performances de l’Espagne (-7,4%) et de l’Italie (-4,3%), et le ralentissement de la Chine (-3,6%).

En France, les ventes reculent de 3,3% en comparables et hors essence, contre une baisse limitée à 0,3% sur les trois premiers mois de l’année, mais compte-tenu des effets calendaires, la situation s’améliore.

En retrait de 5,7% en comparables et hors essence, les ventes des hypermarchés (un quart du chiffre d’affaires de Carrefour) reculent moins fortement qu’au premier trimestre en intégrant l’effet calendaire. Surtout, la variation du chiffre d’affaires alimentaire s’améliore pour le deuxième trimestre consécutif. Signe que la stratégie mise en place par le patron de la France, Noël Prioux, porte déjà des fruits. En revanche, le non-alimentaire baisse toujours et, mauvais signe, le groupe ne donne plus de chiffres (-10,1% au premier trimestre).

Toutefois, il faudra attendre la publication des semestriels, le 30 août, pour que le PDG, Georges Plassat, détaille sa feuille de route. Les analystes restent attentistes. «Au regard de l’aggravation de la conjoncture en Europe, nous restons pessimistes sur la deuxième partie de l’année», note Aurel BGC. En attendant, l’action a rebondi hier de 6,97% à 14,12 euros, après avoir touché un plus bas de près de 20 ans à 12,87 euros mercredi en séance.

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