Carrefour pourrait ouvrir le capital de ses activités au Brésil en 2015

Le distributeur veut aussi participer à la concentration du secteur en Italie. La rentabilité de la France se redresse fortement en 2013
Bruno de Roulhac

Dans les 18 mois à venir, Carrefour ne décevra pas le marché, anticipe son PDG, Georges Plassat. Seule certitude, le distributeur n’a pas démérité en 2013 en affichant des résultats légèrement au-dessus des attentes, avec notamment une hausse de 5,3% (+9,8% à changes constants) du résultat opérationnel courant, portée par la France (+29,9%), soit une marge de 3% (+0,2 point), dont 3,4% pour la France (+0,8 point).

Si la rentabilité du reste de l’Europe a entamé un léger redressement au second semestre, celle de l’Asie continue à se détériorer. Néanmoins, le titre a pris hier la tête du CAC 40, en hausse de 4,37% à 27,82 euros.

Alors que le marché de la distribution alimentaire est situé aux deux tiers dans les pays matures, Carrefour veut à la fois se maintenir sur ces marchés et profiter de la croissance des émergents, où les croissances annuelles sont attendues à 9% en Amérique du Sud, 5,4% en Asie, et 7% en Afrique Moyen-Orient. En 2013, Carrefour a réalisé près de 70% de ses ventes en Europe de l’Ouest. La France a renoué avec une dynamique, et «nous allons continuer sur cette tendance d’amélioration», assure Georges Plassat, notamment en poursuivant le remodelage des hypers et des supermarchés. Le groupe consacrera 1 milliard d’euros d’investissements en France en 2014, comme l’an dernier, et 1,5 milliard sur les autres pays, principalement au Brésil, le deuxième marché du groupe avec près de 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Soit le même niveau que les ventes dégagées par GPA Food (Casino), se plaît à souligner le PDG de Carrefour.

Fort de ce potentiel brésilien, Carrefour compte débuter le travail de rénovation à l’instar de celui réalisé actuellement en France. En 2015, le distributeur pourrait ouvrir le capital de ses activités au Brésil, soit par augmentation de capital, soit par une entrée ou Bourse, soit un mix des deux, mais en conservant le contrôle. «Nous serons prêts fin 2014 pour regarder la bonne fenêtre de tir en 2015, explique Georges Plassat. Nous n’avons pas de besoins financiers au Brésil, mais nous voulons être accompagnés par des partenaires locaux».

En Chine, où la marge opérationnelle a plongé de 0,8 point à 2%, le distributeur veut prendre le temps de construire une position de long terme. En revanche, Carrefour «jouera un rôle», dans la prochaine concentration du secteur attendue en Italie.

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