Carrefour paiera plus cher le refinancement d’un crédit syndiqué de 1,5 milliard d’euros
Les conditions de financement continuent de se tendre pour Carrefour. Le groupe de distribution a déjà été contraint de revoir en hausse mi-octobre la rémunération d’une émission obligataire nouvelle de 500 millions d’euros à 7 ans, en offrant un taux à 285 points de base (pb) au-dessus du taux de référence contre 250 pb envisagés initialement. Il va désormais également devoir faire face à une augmentation du taux d’intérêt payé à l’occasion du refinancement d’un crédit syndiqué de 1,5 milliard d’euros à 7 ans signé en 2005.
Selon Thomson Reuters LPC qui se réfère à des sources proches du dossier, la nouvelle ligne bancaire revolving de 1,5 milliard d’euros, à maturité octobre 2016, «offre une marge bancaire initiale de 75 pb au-dessus de l’Euribor», alors que cette marge s’élevait à Euribor +13,5 pb pour le crédit syndiqué signé en 2005 et Euribor +60 pb pour la facilité à 5 ans de 1,75 milliard d’euros renégociée en juillet 2010. Carrefour devra de surcroît payer «une commission de tirage de 15 pb s’il utilise au maximum un tiers de la ligne mise à disposition, de 30 pb jusqu’aux deux tiers et de 50 pb au-delà», précise l’agence. Elle ajoute que ce refinancement, coordonné par Crédit Agricole CIB et la Société Générale, n’est disponible qu’en euros, compte tenu de la limitation de l’exposition des banques françaises aux opérations libellées en dollars.
La hausse du spread bancaire à laquelle le groupe a dû se résoudre reflète un durcissement général des conditions de crédit visible depuis l’été dernier, mais également la détérioration des perspectives financières du distributeur après deux avertissements sur ses résultats au cours des trois derniers mois. Moody’s a d’ailleurs placé mi-octobre sous surveillance négative la note de crédit à long terme Baa1 de Carrefour, en vue d’une possible dégradation d’un cran. Cette note est actuellement BBB+ avec une perspective stable pour S&P et BBB+ avec perspective négative chez Fitch.
Il faut noter enfin que les deux crédits syndiqués de Carrefour (3,25 milliards d’euros au total) viennent en soutien de son programme de billets de trésorerie et qu’ils ne sont donc pas destinés à être tirés. Les tombées obligataires du groupe, qui s’étalent entre 2012 et 2021, représentent d’ailleurs près des trois quarts d’une dette financière brute de 12,6 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Tesla fait face à une concurrence plus vive sur le marché français
Alors que les immatriculations neuves de véhicules électriques ont plus que doublé sur un an en octobre, celles du constructeur américain ont progressé de 35,3%. -
En octobre, les vents contraires se sont abattus sur les marchés financiers
Entre la flambée des prix de l’énergie, la hausse des taux longs mondiaux, l'envolée sur spread de la France et la correction sur les valeurs IA, le mois d’octobre a bien ressemblé au mois de tous les dangers pour les places boursières. -
L'activité manufacturière dans la zone euro a continué d'augmenter en octobre
L'indice PMI du secteur manufacturier de la zone euro s'est établi à 52,7 le mois dernier.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
Midterms : qui est Hakeem Jeffries, le démocrate qui pourrait devenir le premier « speaker » noir des Etats-Unis ?
Ancien avocat d'affaires adoubé à Washington, l'élu de Brooklyn fourbit ses armes pour janvier 2027 en préparant un plan social et économique pour contrer Donald Trump -
IdentitésInventer un nouvel Occident
Le diagnostic d'Emmanuel Todd est radical : l'Occident aurait perdu les fondements sociaux, culturels et moraux de sa puissance. La défaite précéderait la dislocation -
L'impeachment, la grande question qui attend les démocrates après les midterms
A la veille des midterms, le Parti démocrate est attendu au tournant par ses électeurs : une large part exige la destitution de Donald Trump. Mais élus et candidats sont frileux