Carrefour devra se concentrer sur l’amélioration de ses résultats en France
Après le revers subi par Carrefour au Brésil, le regard des investisseurs devrait davantage se fixer sur la capacité du distributeur à améliorer une situation toujours préoccupante sur son marché domestique. Si le chiffre d’affaires consolidé du deuxième trimestre, à 22,4 milliards d’euros, affiche une croissance de 1,6% à taux de change courants et de 3% à change constants, il accuse un repli de 0,2% à données comparables (hors essence et ajustées de l’effet calendaire).
Le groupe met principalement en cause «la performance décevante des hypermarchés en France», avec des ventes sur ce format en recul de 3,3% entre avril et juin en données comparables, après une baisse de 1% au premier trimestre. A espace de vente constant, sa part de marché tous formats confondus a reculé dans l’Hexagone de 60 points de base à 20,8% au cours des cinq premiers mois de l’année.
Mis à part en Belgique où il a tiré les bénéfices d’une restructuration vigoureuse, le groupe accuse un repli trimestriel de ses ventes dans les autres pays européens. La croissance en Asie et en Amérique latine s’est poursuivie, mais le chiffre d’affaires à périmètre comparable est resté stable en Chine, avec une chute de 9,4% des ventes de produits non alimentaires «en raison des restrictions réglementaires en vigueur sur les promotions».
Dans l’attente de la présentation de ses résultats le 31 août, Carrefour table sur un bénéfice d’exploitation courant de 760 millions d’euros au premier semestre, correspondant à une chute de 23% d’une année sur l’autre, en excluant Dia introduit en Bourse début juillet. Ce bénéfice devrait même chuter de 35% en France. Si le groupe maintient sa prévision d’une hausse annuelle de ses ventes et de son bénéfice d’exploitation, les analystes de Jefferies anticipent «un repli de 2% du bénéfice d’exploitation» pour l’ensemble de l’exercice.
Au Brésil, le retrait de la banque publique brésilienne BNDES, qui s’était engagée à financer une partie de la fusion entre Pao de Açucar (GPA) et les actifs locaux de Carrefour, puis le renoncement d’Abelio Diniz, président de GPA, ont contraint le groupe français à reconnaître qu’il n’était «actuellement pas possible de poursuivre» ce projet. Alors qu’une nouvelle offre de la part d’Abelio Diniz paraît fort hypothétique, la stratégie de croissance du premier distributeur européen dans ce pays devra donc être remise à plat.
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