Carlos Ghosn refuse la démission de Patrick Pélata
La montagne a accouché d’une souris. Alors qu’une démission était attendue au sommet de Renault à l’issue du conseil d’administration extraordinaire de lundi après-midi consacré à la fausse affaire d’espionnage, le PDG, Carlos Ghosn, a annoncé hier soir sur TF1 que lui-même et le directeur général délégué aux opérations, Patrick Pélata, vont seulement renoncer à la part variable de leur rémunération acquise au titre de 2010 – soit 1,6 million d’euros pour Carlos Ghosn – et à tout bénéfice de stock-options pour l’exercice 2011. Reste à savoir si Carlos Ghosn continuera à toucher plus de 8 millions d’euros de la part de Nissan Motor, comme l’an dernier…
Auparavant, Patrick Pélata avait présenté sa démission, refusée par Carlos Ghosn. Au début du mois, le numéro deux du groupe avait déclaré: «Quand l’enquête sera terminée, nous en tirerons toutes les conséquences jusqu’au niveau le plus haut de l’entreprise, c’est-à-dire jusqu’à moi». En revanche Carlos Ghosn ne semble pas un instant se remettre en cause, présentant son maintien comme un «atout» pour le groupe. En revanche, le constructeur va engager des procédures disciplinaires «adaptées aux fautes» à l’encontre de trois membres de sa direction de la protection suspectés d’escroquerie.
Par ailleurs, Renault annonce la mise en chantier de «la refonte de la gouvernance de Renault concernant la protection du groupe, des personnes et de l’information à partir de l’analyse des dysfonctionnements internes constatés». Chantier dirigé par Carlos Ghosn, par Patrick Pélata et par le président du comité d’audit.
Avant que les administrateurs n’entrent en réunion, Carlos Ghosn et Patrick Pélata ont présenté, dans un communiqué, «leurs excuses et leurs vifs regrets, à titre personnel et au nom de Renault, à MM. Balthazard, Rochette et Tenenbaum mis en cause à tort dans ce dossier». Ils s’engagent «à ce que réparation soit apportée aux trois cadres concernés et que leur honneur soit restauré aux yeux de tous, en tenant compte du grave préjudice humain qu’eux et leur famille ont subi». Michel Balthazard, 56 ans, ne réintégrera pas le groupe, a déjà annoncé son avocat.
Ce communiqué faisait suite aux déclarations du procureur de Paris, Jean-Claude Marin, lundi, affirmant que les «comptes bancaires imputés aux cadres de Renault n’existent pas», et que le constructeur avait déjà payé «310.000 euros et devait encore payer 390.000 euros pour ces faux renseignements».
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