Capgemini va faire de l’Amérique du Nord son premier marché
En annonçant l’acquisition en numéraire de son concurrent américain Igate pour 4 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros), Capgemini a prouvé hier que la course à la taille n’était pas terminée dans les services informatiques. Si l’année écoulée a connu des rapprochements d’envergure en France (Sopra-Steria, Atos-Bull), le leader européen du secteur a fini par trouver une cible lui permettant de renforcer son implantation outre-Atlantique et sa présence en Inde.
L’Amérique du Nord deviendra le premier marché du groupe élargi avec 30% d’un chiffre d’affaires pro forma 2015 de 12,5 milliards d’euros, contre 21% l’an dernier. Sur un effectif de 190.000 salariés, «quelque 50.000 personnes travailleront pour les clients nord-américains», précise Capgemini. Le nombre de collaborateurs en Inde, déjà supérieur à 60.000, franchira dès cette année le seuil des 100.000 personnes. Igate apportera à Capgemini une expertise accrue dans les services financiers, la distribution, l’industrie et la santé, ainsi qu’un point de hausse de marge opérationnelle en 2016.
L’opération, qui prendra la forme d’une fusion entre Igate et une filiale américaine de Capgemini, a reçu l’aval des deux conseils d’administration, ainsi que le consentement écrit des deux cofondateurs de la cible et d’Apax Partners, qui contrôlent à eux trois un peu plus de 54% de son capital. Le prix de 48 dollars par action valorise Igate environ 17 fois son excédent brut d’exploitation, contre 14,6 fois pour des transactions comparables, selon Bloomberg. Le groupe français, qui n’attend pas d’obstacle des autorités américaines, compte boucler cette fusion d’ici fin 2015. Il anticipe «un effet relutif sur le bénéfice ajusté par action d’au moins 12% en 2016 et 16% en 2017».
Capgemini financera une partie de la transaction sur sa trésorerie qui atteignait 1,2 milliard d’euros fin 2014. Il aura aussi recours au marché obligataire, à hauteur d’environ la moitié du montant global, et à «une augmentation de capital se traduisant par une dilution n’excédant pas 6% du capital». Bien que son profil de risque soit toujours jugé «satisfaisant» par S&P, l’agence n’en a pas moins rétrogradé d’un cran à «BBB» sa note de crédit à long terme, avec une perspective stable. Elle estime que le large recours à l’endettement «fera plus que compenser l’impact modestement positif de l’opération sur la rentabilité du groupe élargi et sa position concurrentielle aux Etats-Unis».
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