Capgemini paie Prosodie au prix fort pour gonfler sa marge
Capgemini désirait Prosodie depuis plusieurs mois et a donc payé le prix fort pour préempter auprès d’Apax la société spécialisée dans les services d’échange et de stockage de données à distance (paiement, serveurs vocaux…). La SSII et le fonds d’investissement, qui n’a pas eu besoin de mettre en place un processus compétitif, sont tombés d’accord très rapidement sur une valeur d’entreprise de 382 millions d’euros.
Créée en 1986, Prosodie avait été retirée de la Bourse fin 2007 par Apax et ses dirigeants, pour une valeur d’entreprise de 188 millions d’euros, frais inclus. Désendetté dès l’été 2010, en avance sur le plan initial, Prosodie et son holding Camelia ont souscrit un emprunt bancaire de 44 millions d’euros en octobre, dont une seule tranche de 15 millions à échéance du juin 2016 a été tirée. Le levier s’élevait alors à moins de 2,2 fois l’Ebitda, précise Prosodie.
Selon Capgemini, le prix payé représente 2,2 fois le chiffre d’affaires 2010 de Prosodie et 13,8 fois son résultat d’exploitation. En face, la première SSII française affiche un multiple de résultat d’exploitation 2010 proche de 9 fois. «Le prix s’explique d’abord par le fait que Prosodie dégage une grande rentabilité, a connu une croissance organique régulière et a bien traversé la crise», justifie Paul Hermelin, le directeur général de Capgemini. En 2010, la marge d’exploitation courante de la cible a atteint 15,3%. Celle de Capgemini s’élevait à 6,8%.
Plus que le prix élevé, les investisseurs voient plutôt l’effet positif sur les marges de Capgemini. Hier, le cours de l’action a progressé de 3,07% à 38,57 euros. «Capgemini répond à sa volonté de renforcer ses activités basées sur des solutions propriétaires et facturées à l’usage, donnant accès à des niveaux de marge supérieurs compte tenu d’un levier opérationnel plus important via la croissance des volumes», explique Oddo. Natixis indique que Prosodie doit permettre à Capemini de renforcer son activité dans les services de paiement, un domaine dominé aujourd’hui en France par Atos Origin et sa filiale Worldline.
Avec une trésorerie estimée à un peu moins de 2 milliards d’euros après le rachat de Prosodie, Capgemini devrait continuer à utiliser son cash pour dynamiser ses marges. D’autres acquisitions sont au programme dans les prochains mois, assure le directeur général de la SSII.
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