Canal+ sécurise les droits du football et son modèle économique

La chaîne va payer environ 30% plus cher pour les meilleurs matchs de Ligue 1 en 2016, prix à payer pour garder ses abonnés
Olivier Pinaud

L’affaire SFR a quelque peu occulté ce dossier. Mais l’appel d’offre lancé par anticipation par la Ligue de football professionnel (LFP) pour les droits de retransmission du championnat de France pour la période 2016-2020 constituait le principal risque industriel de Vivendi, encore plus alors que Canal+ est appelée à prendre plus de poids au sein du groupe, une fois SFR vendu à Altice-Numericable. Au final, en remportant les lots 1 et 2, la chaîne cryptée s’est assurée la place de premier diffuseur de la Ligue 1 de football devant son grand concurrent beIN Sports, pour un coût moins élevé que redouté.

L’ensemble des lots mis aux enchères par la LFP a été attribué, pour la Ligue 1 et la Ligue 2, pour un montant total de 748,5 millions d’euros par saison, contre 607 millions d’euros actuellement, soit une inflation de 23%, inférieure aux montants anticipés par les analystes, rendus inquiets par le récent doublement du prix du Top 14 de Rugby payé par Canal + pour repousser beIN Sports. La Société Générale craignait ainsi de voir la valeur des droits du foot dépasser la barre des 900 millions d’euros. Exane BNP Paribas tablait sur une inflation des droits de retransmission de 40%.

La LFP n’a pas détaillé les montants pour lesquels chacun des six lots ont été attribués. Selon L’Equipe, Canal+ aurait déboursé 540 millions d’euros par an pour la Ligue 1 tandis que beIN Sports s’acquitterait de 186,5 millions. Canal+ paie actuellement 420 millions d’euros par saison de Ligue 1. La chaîne versera 28% de plus à partir de 2016 mais aura une offre plus riche que l’actuelle, puisqu’elle diffusera les trois plus belles affiches de chaque week-end, en direct, et conserve ses magazines, dont sa vitrine le Canal football Club, le dimanche en access prime-time. beIN Sports, avec les lots 3 à 6, diffusera sept autres matches en direct, les trois meilleurs en différé et une douzaine en co-diffusion durant la saison.

Diffuseur de la Ligue 1 depuis 1984, Canal+ sécurise donc son modèle, dont le football constitue la principale vitrine. Selon Natixis, la Ligue 1 motive près de la moitié des abonnements à la chaîne payante, soit autour de trois millions, quasiment 10% des foyers français équipés de télévision. Une fois SFR vendue, Canal + représentera 40% de l’Ebitda de Vivendi.

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