BT veut dynamiter le marché britannique des télécoms
Dix ans après avoir quitté la téléphonie mobile, l’opérateur négocie le rachat d’O2 ou d’EE pour faire jouer les synergies avec la division fixe.
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Olivier Pinaud
Après la France, l’Allemagne et l’Espagne, pour ne parler que des pays européens, la fièvre des fusions-acquisitions dans les télécoms s’empare de la Grande-Bretagne. Le virus a été inoculé par BT. L’opérateur historique, qui avait scindé son activité de téléphonie mobile O2 fin 2001 pour se remettre des enchères folles de l’UMTS, souhaite revenir sur ce marché afin de pouvoir coupler fixe et mobile.
En réponse à un article du journal espagnol El Confidencial, BT a reconnu discuter avec Telefonica d’un rachat d’O2. Son ancienne division de téléphonie mobile avait été acquise par l’opérateur espagnol en 2005 pour un montant de 18 milliards de livres (22,7 milliards d’euros). BT a indiqué avoir également reçu des marques d’intérêt de propriétaires d’un autre réseau mobile, sans le citer. Il s’agirait d’EE, la filiale commune entre Orange et Deutsche Telekom. «Toutes les discussions sont à un stade très préliminaire», a précisé BT.
Depuis quelques mois, se sentant à l’étroit sur le seul marché de la téléphonie fixe et de l’accès à internet, BT ne cachait pas ses ambitions dans la téléphonie mobile. En 2013, le groupe avait par exemple acquis une partie des fréquences 4G mises aux enchères par les autorités britanniques. Depuis, il travaillait au lancement d’un opérateur virtuel (MVNO). Des discussions avaient été ouvertes avec plusieurs opérateurs pour tenter de trouver un accord de location du réseau. L’acquisition d’O2 ou d’EE lui permettrait de gagner du temps et de sécuriser aussi la rentabilité à long terme de cette activité mobile.
Le rachat d’O2, numéro trois derrière Vodafone, serait moins onéreux pour BT que celui d’EE, le numéro un du marché. Citigroup valorise O2 à 9,4 milliards de livres, légèrement moins que les 10 milliards avancés par les analystes de Macquarie. EE est estimé à plus de 12 milliards de livres. Dans les deux cas, BT devrait certainement payer une partie de l’acquisition en actions.
La semaine dernière, Stéphane Richard, le PDG d’Orange, avait indiqué lors de la conférence TMT de Morgan Stanley que le groupe cherchait une alliance avec un opérateur fixe pour faire jouer les synergies de la convergence. La vente de EE permettrait aussi à Orange et à son associé allemand de monétiser leur investissement commun à un moment où EE dégage une marge record, avec un pic de 25% au second semestre du dernier exercice, sur le marché le plus concurrentiel d’Europe.
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