Bruxelles donne sa chance à l’alliance maritime entre CMA CGM, Maersk et MSC

La Commission européenne ne s’opposera pas au lancement du Réseau P3, dont le lancement opérationnel est prévu à l’automne prochain
Benoît Menou

La Commission européenne jugera sur pièces. Elle a fait savoir hier qu’elle ne s’opposerait pas pour l’heure au projet d’alliance dévoilé il y a près d’un an par les trois principaux acteurs mondiaux du transport maritime de marchandises. Le projet, baptisé «Réseau P3» par ses initiateurs européens, le français CMA CGM, le danois Maersk Line et l’italo-suisse MSC (Mediterranean Shipping Company), consiste en une alliance opérationnelle de long terme (pas moins d’une décennie) sur les routes Est-Ouest (Asie-Europe, Transpacifique et Transatlantique). Son lancement effectif, initialement prévu pour le mois prochain, a été repoussé en mai à l’automne prochain.

L’annonce de l’exécutif européen constitue une nouvelle rassurante pour l’alliance, qui, après avoir reçu le feu vert de l’autorité américaine compétente en mars dernier, reste soumise à l’approbation des autorités en Asie, particulièrement en Chine et en Corée du Sud. Pour autant, la Commission européenne se réserve le droit «d’intervenir si nécessaire» selon son porte-parole Antoine Colombani. L’alliance envisagée, opérationnelle et non commerciale, n’étant pas assimilée à une fusion, il appartient en effet à ses protagonistes de s’assurer en amont du respect des textes européens en termes de concurrence. La Commission décide donc logiquement aujourd’hui de ne rien décider et restera attentive aux conditions effectives de mise en œuvre de l’accord.

Le champion français CMA CGM, qui rappelle que l’alliance P3 «vise à améliorer la qualité et l’offre des services proposés à nos clients, à travers des liaisons plus fréquentes et plus fiables», n’a pas manqué de «se réjoui(r)» de l’annonce de la Commission à l’issue de la procédure d’auto-évaluation menée par le Réseau P3. Bruxelles souligne que son jugement vaut tant pour le projet P3 que pour celui plus prudent lancé par six autres armateurs, américains et asiatiques cette fois (avec l’Allemand Hapag-Lloyd), et baptisé G6.

La Commission européenne s’est en revanche refusée hier à tout commentaire concernant l’avancée de la procédure formelle ouverte en novembre dernier à l’encontre d’acteurs du transport maritime par containers soupçonnés de hausses de tarifs concertées. Des sources proches citées par Reuters ont avancé mardi soir que certains, dont les trois partenaires du Réseau P3, se trouvaient en pourparlers préliminaires avec Bruxelles pour mettre un terme à la procédure.

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