Bruno Le Maire dénonce les conditions financières du départ du président de TechnipFMC
Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a vivement critiqué la somme totale que touchera Thierry Pilenko, le président exécutif de TechnipFMC, au moment de son départ le 1er mai. Il percevra une indemnité de départ représentant une année de salaires fixe et variable, soit 1,98 million d’euros. A cela s’ajoutera une clause de non-concurrence d’un montant équivalent, soit un total de près de 4 millions d’euros. Thierry Pilenko bénéficiera également des 337.001 actions accumulées depuis 2015 via les plans de performances (stocks options). Au cours d’aujourd’hui, celle-ci valent un peu plus de 7 millions d’euros. Il détiendra également 121.502 actions de performance exerçables à partir de février 2020.
En ajoutant tous ces éléments, révélés ce matin par BFM Business, sur la base du document de référence publié par le groupe de droit britannique, la somme avoisine les 14 millions d’euros. L’an dernier, TechnipFMC a perdu 1,9 milliard de dollars, en raison notamment d’une dépréciation d’actifs de 1,7 milliard.
« Quand on laisse des pertes derrière soi, on ne part pas avec des primes. C’est inacceptable, c’est intolérable », a lancé Bruno Le Maire lors d’un discours de clôture des Rencontres de l’entreprise, organisées à l’Assemblée nationale. « Personne ne peut comprendre ce genre de comportement », a ajouté le ministre, en précisant avoir appris jeudi matin – « en allumant la radio » - le versement de ces « bonus conséquents », jugés « intolérables pour nos compatriotes ».
L’Etat français est actionnaire de TechnipFMC à hauteur de 5,5% via Bpifrance. La banque publique est également représentée au conseil d’administration du groupe avec Arnaud Caudoux, son directeur général adjoint. Le ministre de l’Economie a indiqué s'être entretenu de la question jeudi matin avec le patron de la banque publique. Il a prévu d’aborder également le sujet avec le patron de l’Afep, Laurent Burelle.
TechnipFMC a justifié les émoluments de son futur ex-président, âgé de 61 ans, en évoquant une rémunération liée au travail accompli à la tête de Tecnhip depuis plusieurs années, et non une « prime de départ ». « Pour le reste, il s’agit d'éléments de rémunérations attribués à M. Pilenko depuis 2010 dans le cadre de ses fonctions de PDG de Technip puis de celles d’executive chairman de TechnipFMC », a-t-il ajouté, à savoir « des actions de performance et des stocks options validées en assemblée générale par les actionnaires », a poursuivi le porte-parole, niant toute irrégularité. Selon TechnipFMC, l’indemnité versée « respecte les recommandations du code Afep-Medef ».
Le code Afep-Medef fixe à deux ans de rémunération le plafond de l’indemnité de départ, clause de non-concurrence incluse. Ses dispositions générales précisent toutefois qu’il « n’est pas acceptable que des dirigeants dont l’entreprise est en situation d’échec ou qui sont eux-mêmes en situation d’échec la quittent avec des indemnités ».
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