BP mobilise 7,2 milliards de dollars pour entrer en force en Inde
Moins d’un an après l’explosion de sa plate-forme dans le Golfe du Mexique, BP repart à l’offensive dans l’exploitation de gisements pétroliers en mer, l’une de ses grandes spécialités. La compagnie britannique a conclu un accord avec l’indien Reliance qui lui permet d’entrer avec force dans une région dont il était quasiment absent jusqu’à présent. Il s’agit du plus important investissement jamais réalisé dans le secteur de l’énergie en Inde.
BP versera au groupe indien de Mukesh Ambani, l’homme le plus riche du pays, 7,2 milliards de dollars (environ 5,27 milliards d’euros) pour prendre 30% du capital de 23 champs pétroliers et gaziers. Des paiements supplémentaires pouvant atteindre jusqu'à 1,8 milliard de dollars seront versés si le succès de l’exploration conduit à de nouvelles découvertes. Avec les investissements prévus, l’opération pourrait coûter 20 milliards de dollars au total, indique BP. Les deux partenaires vont créer une coentreprise à parts égales d’approvisionnement et de commercialisation de gaz. Selon BP, l’accord valorise les réserves des gisements à 7,5 dollars par baril. Fin 2010, le chinois Sinopec avait payé 6,2 dollars par baril pour entrer sur le marché argentin.
Les zones sont situées au large de la côte est de l’Inde, et de la pointe du sous-continent indien. Elles recouvrent une superficie sous-marine totale de 270.000 km², et recéleraient d’importants gisements de gaz naturel, indique BP. L’accord est soumis au feu vert des autorités indiennes.
Pour de nombreux analystes, BP réalise un joli coup. L’Inde reste difficile d’accès pour les compagnies étrangères. Surtout avec plus de 1,2 milliard d’habitants et une économie qui doit croître de 8,6% cette année, le marché est prometteur. BP attend une hausse annuelle moyenne de plus de 4% de la consommation d’énergie dans le pays au cours des 20 prochaines années, dont plus de 5% rien que dans le gaz. De son côté, Reliance avait besoin d’un partenaire expérimenté pour exploiter ces gisements en eaux profondes.
Après l’accord similaire conclu avec le russe Rosneft début jancier, BP prouve qu’il faut de nouveau compter sur lui. Pour couvrir les charges de la marée noire, la major a déjà vendu pour 17 milliards de dollars d’actifs l’an dernier et devrait encore en céder pour 13 milliards cette année. Sa dette représentait en fin d’année dernière 21% de ses fonds propres et devrait osciller entre 10% et 20% d’ici à 2012.
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