BP fera profiter ses actionnaires de la cession rapide de sa part dans TNK-BP
Attendu au début de l’été, le rachat par Rosneft du pétrolier TNK-BP a été bouclé avec un trimestre d’avance sur le calendrier initial. Rosneft a versé 27,7 milliards de dollars en numéraire au consortium russe AAR, propriétaire de la moitié de la coentreprise, et 16,6 milliards à BP pour les 50% restants.
Mais ce dernier, qui détenait déjà 1,3% dans Rosneft, a également reçu une contrepartie en actions correspondant à 12,8% du capital, sans oublier les 5,7% acquis auprès du véhicule d’investissement public Rosneftegaz pour 4,9 milliards. En ajoutant le dividende de 710 millions payé en décembre par TNK-BP, le pétrolier britannique enregistre donc un flux entrant de trésorerie de 12,5 milliards.
Ce matelas financier lui permet de lancer un programme de rachat d’actions de 8 milliards de dollars, correspondant à son investissement initial dans la coentreprise en 2003, avec l’intention d’annuler les titres rachetés. «Nous pensons que notre participation dans Rosneft va générer de la valeur à long terme pour BP et ses actionnaires. Mais ce programme de rachat d’actions devrait également permettre à nos actionnaires de voir les bénéfices à court terme de la valeur créée en restructurant nos activités en Russie», commente Carl-Henric Svanberg, président de BP. En 10 ans, le pétrolier britannique a reçu 19 milliards en dividendes de sa coentreprise russe, qui a fini par représenter un quart de sa production.
La réalisation du programme de rachat de titres «pourrait prendre entre 12 et 18 mois», précise le groupe qui utilisera les 4,5 milliards restants pour réduire encore sa dette. Equivalent à 6% de la capitalisation boursière de BP, «ce programme compensera largement la dilution de 3 à 4% du bénéfice par action attendue suite à la transaction avec Rosneft», soulignent les analystes de BoA-Merrill Lynch.
La finalisation de cette transaction coïncide avec la démission du directeur financier de Rosneft, Dimitri Avdeev, après moins d’un an à ce poste. Les analystes de BoA-Merrill Lynch ne voient pas d’un bon œil ce départ qui «introduit une incertitude supplémentaire concernant les intentions de Rosneft vis-à-vis des actionnaires minoritaires». Détenant près de 20% du pétrolier désormais plus gros qu’Exxon par la taille de sa production et de ses réserves, BP devra donc faire preuve de vigilance face à l’Etat russe, actionnaire majoritaire de Rosneft avec 75% du capital.
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