Bouygues Telecom est le plus touché par l’arrivée de Free Mobile
L’ampleur des dégâts causés par le lancement de Free Mobile le 10 janvier dernier est connu. Et c’est finalement Bouygues Telecom qui a le plus souffert de l’arrivée du quatrième opérateur de téléphonie mobile. Assez logiquement d’ailleurs: les deux groupes affichent des bases de clients assez proches, jeunes, citadines et technophiles. Au premier trimestre, Bouygues Telecom a ainsi perdu 210.000 clients abonnés, soit une baisse de 2,3% de sa base. Chez SFR, l’érosion s’est élevée à 1,65% (274.000 abonnés en moins) et à 2% chez Orange (387.000).
«Si l’agitation du marché a été particulièrement forte depuis le 10 janvier 2012, les demandes de portabilité reviennent progressivement depuis mi-mars au niveau antérieur au lancement du quatrième opérateur», assure la direction de Bouygues. Eric Haentjens, le directeur financier de Bouygues Telecom, a même indiqué hier soir que l’opérateur avait regagné 9.000 abonnés dans le mobile en avril.
En ajoutant les pertes de revenus liés à la réglementation du marché des télécoms en France, le chiffre d’affaires de Bouygues Telecom a baissé de 3% à 1,36 milliard d’euros au premier trimestre et son excédent brut d’exploitation a plié de 8% à 296 millions d’euros. Pour l’année 2012, Bouygues Telecom confirme une baisse attendue de 10% du chiffre d’affaires ainsi qu’une diminution d’environ 250 millions d’euros de l’Ebitda. Elle sera en partie compensée par le programme d’économies de 300 millions d’euros lancé dès le début de cette année. Mais celui-ci portera essentiellement ses fruits à partir de 2013.
De son côté, Iliad, la maison mère de Free Mobile, se frotte les mains. Le dernier né des opérateurs a conquis 2,6 millions d’abonnés depuis son lancement, soit une part de marché de 3,7%. Surtout, par un effet «halo», le lancement ultra médiatisé de Free Mobile a profité aux activités «fixe» d’Iliad. Celles-ci ont gagné 191.000 nouveaux abonnés sur la période, soit plus de 50% des recrutements du marché, un record.
Résultat, le groupe fondé par Xavier Niel dépasse pour la première fois le seuil des cinq millions d’abonnés dans le haut débit, reprenant à SFR la place de numéro deux dans le fixe. Au premier trimestre, le chiffre d’affaires global d’Iliad a bondi de 28,6% à 655,7 millions d’euros, bien plus que prévu. L’action a terminé en hausse de 3,64% à 102,2 euros.
Plus d'articles du même thème
-
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie. -
Le risque de défaut progresse sous contrôle
Les entreprises high yield continuent de profiter d’un marché primaire actif offrant une forte liquidité leur permettant de se refinancer. Les taux de défaut ont grimpé à 4% en Europe comme aux Etats-Unis, et devraient se maintenir à ce niveau, avec des risques surtout spécifiques. -
L'agrément MiCA devient la meilleure publicité des acteurs crypto
A quelques jours de l'échéance du règlement européen MiCA, les acteurs crypto agréés en font un argument marketing de taille, en espérant rafler les clients et actifs des plateformes n'ayant pas reçu le précieux sésame.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- L'espoir de paix au Moyen-Orient donne un élan mesuré aux actions européennes
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027 -
MaestroAlan Greenspan, une certaine idée de la politique monétaire
L'ancien patron de la Fed (1987-2006) aura façonné la politique monétaire américaine en toute indépendance, accompagnant la prospérité et les vertiges de la première économie mondiale. -
Marc Bloch au Panthéon : la leçon de lucidité
Marc Bloch entre ce mardi au Panthéon. L’historien résistant fusillé par la Gestapo laisse à la France un double héritage intellectuel. L’auteur de L’Etrange défaite nous lègue d’abord un diagnostic extra-lucide sur une débâcle nationale : l’affaissement de 1939 qui, à maints égards, résonne avec le déclassement actuel. Son autopsie de la « faillite administrative », la « machinerie des partis », l'« incapacité du commandement », le « délitement collectif » ou la « morgue des élites » sonne avec cruauté à nos oreilles, comme un vade-mecum de notre propre naufrage.