Bouygues sera le gagnant de l’alliance Siemens Alstom
Lerapprochement«entre égaux» d’Alstom et de Siemens Mobility, qui s’apparente plutôt à un passage du fleuron français du ferroviaire sous pavillon allemand, fait au moins un heureux en France: Bouygues. Premier actionnaire d’Alstom avec 28,2% du capital – dont 20% ont été prêtés à l’Etat français – le groupe de BTP et de télécoms pourra plus facilement liquider cet investissement, qui ne constitue plus une priorité stratégique pour lui.
Bouygues soutient «pleinement» le rapprochement entre Alstom et Siemens et il votera en faveur de l’opération au conseil d’Alstom (il occupe un siège sur 14) et lors de l’assemblée générale extraordinaire, qui devra se tenir avant le 31 juillet 2018.
L’Etat français a par ailleurs confirmé qu’il mettrait fin au prêt de titres Alstom accordé par Bouygues au plus tard le 17 octobre 2017 et qu’il n’exercera pas les options d’achat données par Bouygues. Selon la convention annoncée entre Bercy et Bouygues en juin 2014, l’Etat a la possibilité de racheter les titres Alstom à Bouygues au prix unitaire de 35 euros. A l’époque, le titre évoluait autour de 26 euros. Et pour la première fois depuis début 2013, le titre a atteint le seuil de la promesse de vente, clôturant hier à 35,07 euros.
Pour sa part, Bouygues s’est seulement engagé à conserver ses titres jusqu’à l’AGE appelée à valider ce rapprochement. Il devrait donc rapidement avoir les mains libres. Au cours d’hier, sa participation dans Alstom est valorisée près de 2,2 milliards d’euros.
De plus, les actionnaires d’Alstom, à la veille de la finalisation du rapprochement, toucheront deux dividendes exceptionnels. L’un constitue une prime de contrôle de 4 euros par action, versée «rapidement» après la réalisation de l’opération. L’autre, d’un montant maximum de 4 euros par action, sera payé par les produits des options de vente d’Alstom dans les co-entreprises avec General Electric. Ainsi, Bouygues pourrait toucher au maximum un peu plus de 500 millions d’euros.
Avec une participation très minoritaire de 14% au capital du nouveau groupe Siemens Alstom et aucun siège au conseil, Bouygues n’a pas vraiment de raisons de conserver cette participation. Reste à savoir quand il sortira effectivement du capital du groupe franco-allemand. Il lui faudra attendre la finalisation du mariage, en espérant qu’Alstom ainsi germanisé soit mieux valorisé. Les actionnaires de Bouygues toucheront-ils alors un dividende exceptionnel ?
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