Bouygues peine à s’imposer dans les grands projets ferroviaires français
Pour la deuxième fois en un an, Bouygues aura concouru pour rien. Après la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux attribuée l’an dernier à Vinci, le groupe de construction n’a pas été retenu pour la liaison ferroviaire Bretagne-Pays de Loire (7,2 milliards d’euros), Réseau ferré de France ayant attribué le contrat de partenariat public-privé à Eiffage (L’Agefi du 19 janvier 2011).
Certes, ce contrat, dont le montant est estimé à 3,4 milliards d’euros, n'était pas crucial pour Bouygues Construction dont le carnet d’ordres s’élève à un niveau de 14,3 milliards d’euros au 30 septembre 2010, quasiment trois fois plus que celui d’Eiffage dans la construction. Mais les analystes de Cheuvreux redoutent que ce nouvel échec «signifie que Bouygues ait certaines difficultés à répondre aux grands projets de ce type, qui nécessitent différents savoir-faire en finance, en ingénierie et en gestion des infrastructures, en raison de son absence du métier des concessions». D’où, en plus des craintes sur les télécoms, leur décision de dégrader le titre Bouygues hier (-2,12% à 33,93 euros).
«Bouygues Construction exploite des contrats de PPP et dispose d’un réel savoir-faire», rétorque le groupe. Il a par exemple remporté en 2010 le stade-vélodrome de Marseille ou le complexe sportif de Singapour. La taille de ces projets représente 300 millions d’euros pour le stade de Marseille et 750 millions d’euros pour celui de Singapour. Et si à l'époque, à la différence de ses concurrents, Martin Bouygues n’avait pas souhaité lancer son groupe dans les privatisations des autoroutes françaises (APRR ou ASF), il répond aujourd’hui aux appels d’offres pour les nouveaux tronçons qui nécessitent de la construction et de l’exploitation (autoroutes A28 ou A63). Enfin, Bouygues explique ne pas fonder sa croissance sur les grands PPP.
«En prenant pour hypothèse un carnet d’ordres maintenu à 14 milliards d’euros fin 2010, soit 17% de plus qu’en 2009, et un ratio de transformation du carnet d’ordres en ligne avec les années précédentes (72% à 73%), la croissance de l’activité de Bouygues Construction devrait atteindre voire dépasser 10% en 2011», explique d’ailleurs Stéphane Beyazian. Ce qui, selon lui, permettrait au groupe de réaliser une année 2011 «historique» même sans PPP.
Plus d'articles du même thème
-
Restée périphérique dans le portefeuille de L’Occitane, la marque Elemis échoit à PAI Partners
Acquise en 2019 auprès de Steiner Leisure (L Catterton), Elemis n’a pas tenu toutes ses promesses de développement à l’international chez L’Occitane, qui opère un nettoyage de son portefeuille avant un possible retour en Bourse. -
Roche Bobois traverse une crise de gouvernance
Deux des trois administrateurs nouvellement arrivés au conseil de surveillance en juin dernier sur une proposition de TXR, deuxième actionnaire du groupe d’ameublement, ont démissionné en octobre. Ils ne seront pas remplacés. -
M6 retrouve la fréquence du succès et ravive les espoirs des investisseurs
Tiré par l'effet Coupe du monde de football, le groupe audiovisuel a signé son "meilleur trimestre historique" sur les cibles commerciales et son "meilleur trimestre depuis 25 ans sur l'ensemble du public". De quoi susciter un regard neuf des investisseurs. D'autant que les braises spéculatives sur son contrôle ne sont pas totalement éteintes.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
InfrapolitiqueJ'ai lu le glaçant Mini-manuel d’insurrection informationnelle qui inspire tant LFI
Au Brésil, la chaîne WhatsApp « Armée de Lula » a contribué à la victoire du président sortant. A quel prix ? Celui d'internautes considérés comme des « soldats », à qui il était demandé de suspendre leur « conscience critique » le temps d'une action sur les réseaux sociaux ? -
La Fabrique de l'OpinionMahasti Razavi, du cabinet Debouzy : « Ce qui freine l’innovation en IA, ce n’est pas la réglementation, ce sont les moyens »
Mahasti Razavi est Managing Partner d'August Debouzy, experte en droit des technologies de l'information. -
Parlez-vous design ?
Aujourd’hui, tout est « design ». Ce mot-valise devenu adjectif multiplie ses canaux d’expression et génère un vocabulaire contagieux, empruntant à tout-va jusqu’au vide absolu.