Bouygues peine à s’imposer dans les grands projets ferroviaires français

Le groupe n’a pas été retenu pour les deux PPP ouverts par Réseau Ferré de France pour un montant de 10,6 milliards d’euros au total
Olivier Pinaud

Pour la deuxième fois en un an, Bouygues aura concouru pour rien. Après la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux attribuée l’an dernier à Vinci, le groupe de construction n’a pas été retenu pour la liaison ferroviaire Bretagne-Pays de Loire (7,2 milliards d’euros), Réseau ferré de France ayant attribué le contrat de partenariat public-privé à Eiffage (L’Agefi du 19 janvier 2011).

Certes, ce contrat, dont le montant est estimé à 3,4 milliards d’euros, n'était pas crucial pour Bouygues Construction dont le carnet d’ordres s’élève à un niveau de 14,3 milliards d’euros au 30 septembre 2010, quasiment trois fois plus que celui d’Eiffage dans la construction. Mais les analystes de Cheuvreux redoutent que ce nouvel échec «signifie que Bouygues ait certaines difficultés à répondre aux grands projets de ce type, qui nécessitent différents savoir-faire en finance, en ingénierie et en gestion des infrastructures, en raison de son absence du métier des concessions». D’où, en plus des craintes sur les télécoms, leur décision de dégrader le titre Bouygues hier (-2,12% à 33,93 euros).

«Bouygues Construction exploite des contrats de PPP et dispose d’un réel savoir-faire», rétorque le groupe. Il a par exemple remporté en 2010 le stade-vélodrome de Marseille ou le complexe sportif de Singapour. La taille de ces projets représente 300 millions d’euros pour le stade de Marseille et 750 millions d’euros pour celui de Singapour. Et si à l'époque, à la différence de ses concurrents, Martin Bouygues n’avait pas souhaité lancer son groupe dans les privatisations des autoroutes françaises (APRR ou ASF), il répond aujourd’hui aux appels d’offres pour les nouveaux tronçons qui nécessitent de la construction et de l’exploitation (autoroutes A28 ou A63). Enfin, Bouygues explique ne pas fonder sa croissance sur les grands PPP.

«En prenant pour hypothèse un carnet d’ordres maintenu à 14 milliards d’euros fin 2010, soit 17% de plus qu’en 2009, et un ratio de transformation du carnet d’ordres en ligne avec les années précédentes (72% à 73%), la croissance de l’activité de Bouygues Construction devrait atteindre voire dépasser 10% en 2011», explique d’ailleurs Stéphane Beyazian. Ce qui, selon lui, permettrait au groupe de réaliser une année 2011 «historique» même sans PPP.

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