Bourbon va céder une partie de sa flotte pour se désendetter
Environ 85 navires seront vendus pour 2,5 milliards de dollars. Le groupe vise un ratio dette nette sur Ebitda de 2 fin 2015, contre 5,1 fin 2012
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Bruno de Roulhac
En rebond hier de 13,47% à 23,62 euros, Bourbon semble avoir convaincu le marché avec son plan Transforming for beyond. Alors que l’endettement du spécialiste des services maritimes pour l’offshore pétrolier pèse depuis longtemps sur le titre, Bourbon mise sur vaste programme de désendettement dans le cadre de ce plan destiné à préparer la croissance au-delà de 2015.
Cette stratégie «asset smart» ou «propriétaire quand on innove, locataire quand on a réussi» se traduira par des cessions de navires en 2013 et 2014 pour un montant de 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros), suivies d’une prise en location coque-nue pour 10 ans. Des discussions sont déjà engagées avec des investisseurs et Bourbon souhaite négocier des loyers fixes. Ces cessions devraient concerner de 80 à 85 navires, soit un tiers de la flotte hors crewboats. «Le contexte est favorable», explique Jacques de Chateauvieux, président non exécutif de Bourbon, constatant l’appétit des financiers pour l’achat d’actifs avec des bons locataires et des flux assurés sur longue période.
Seule contrainte, le coût total des loyers devra rester inférieur à 30% de l’Ebitdar (Ebitda avant loyers coque nue) généré par la flotte de Bourbon. A l’issue du bail de 10 ans, le groupe n’aura aucune obligation, mais disposera d’un droit de premier refus en cas de vente des navires pendant la période de location.
Selon les courtiers, la valorisation de la flotte du groupe offre une plus-value latente de 1,1 milliard d’euros. Et la cession de trois navires l’an dernier s’est faite avec une prime de 18% sur l’estimation des courtiers. La majeure partie des produits de cession sera consacrée au désendettement. La dette nette ressortait à 2,1 milliards d’euros en 2012. Le ratio dette nette sur Ebitda devrait ainsi passer de 5,1 fin 2012 à 2 fin 2015, tandis que le taux d’endettement diminuerait de 146% en 2012 à 50% en 2015.
Conséquence de cet ajustement de stratégie, l’Ebitda du groupe sera grevé du montant des loyers, mais bénéficiera du montant des plus-values liées aux ventes de navires. Aussi, Bourbon ajuste son objectif 2015 de marge d’Ebitda de 45% à 30%. A horizon 2015, Bourbon table toujours sur une croissance annuelle de 17% de son chiffre d’affaires (après une hausse de 17,7% à 1,2 milliard d’euros l’an dernier). Par ailleurs, le groupe a confirmé son intention de faire appel au marché obligataire, sans en préciser le calendrier.
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