Bourbon fera appel au marché dans les prochains mois

Si sa dette est 100% bancaire fin 2011, le groupe souhaite qu’un quart de son endettement soit contracté sur le marché à horizon 2015
Bruno de Roulhac

A l’occasion de ses résultats 2011, Bourbon s’est félicité de la suppression du covenant sur ses trois club deals. Cette clause prévoyait un ratio dette nette opérationnelle (DNO) sur Ebitda inférieur à 4,50 pour les exercices 2009 à 2011 et à 4 pour les exercices à partir de 2012. A fin 2011, Bourbon affichait un ratio de 4,20. Cette convention bancaire a été remplacée par des hypothèques sur une partie de la flotte de bateaux du groupe, comme prévu à l’origine en cas de rupture. Un covenant DNO sur Ebitda ne demeure que pour les emprunts bilatéraux, essentiellement de type crédit-bail, d’un encours de 112 millions d’euros fin 2011, mais à un seuil moins sévère de 5 en 2011 et 2012.

En fin d’année dernière, la dette, uniquement bancaire, était contractée essentiellement auprès d’établissements français (64%), mais aussi chinois (14%) avec le prêt de 400 millions de dollars de China Exim Bank, non encore tiré, et scandinaves (13%). A horizon 2015, Bourbon vise une répartition plus équilibrée entre banques françaises (40%), banques étrangères (35%) et financement par le marché (25%). Aussi, le groupe fera appel au marché dans les prochains mois, mais a toutefois refusé de dévoiler un calendrier.

En attendant, le marché a sanctionné des résultats légèrement inférieurs aux attentes par une baisse de 4,66% de l’action à 24,25 euros (-13% sur les trois dernières séances). Pourtant, fort du prix élevé du baril (111 dollars en moyenne en 2011, contre 79 dollars en 2010), de la hausse des prix et des taux d’occupation des navires, Bourbon a enregistré une progression de 19% de son chiffre d’affaires au-delà du milliard d’euros, pour 300 millions d’euros d’Ebitda (+25%). En revanche, le bénéfice net chute de 83% à 7 millions, notamment en raison de l’absence de cessions l’an dernier et des amortissements.

Néanmoins, Bourbon affiche sa confiance pour l’exercice, misant sur une poursuite de l’amélioration des taux d’utilisation des navires (89,8% en offshore profond et 87,5% en offshore continental en 2011) et de leurs tarifs journaliers (+8,5% en offshore profond et +3,5% en offshore continental l’an dernier). De plus, le groupe a couvert l’intégralité de l’exposition de l’Ebitda 2012 au taux de 1,307 dollar, contre une parité moyenne de 1,39 en 2011. Le consensus FactSet anticipe une hausse de 36% de l’Ebitda 2012 à 408 millions d’euros.

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