Bombardier va donner une nouvelle impulsion à la consolidation ferroviaire
Bombardier réfléchit à un traitement de choc pour se sortir des difficultés dans lesquelles l’ont plongé les retards accumulés par son projet de nouvel avion CSeries. Selon Reuters, le groupe canadien étudie différentes options pour sa branche ferroviaire, dont une vente, partielle ou totale, ou une mise en Bourse. Selon les sources citées par Reuters, les réflexions en sont encore à un stade précoce. La division pourrait valoir près de 5 milliards de dollars.
L’ouverture de cette revue stratégique n’est pas une réelle surprise. Mi-février, Bombardier a remplacé son directeur général Pierre Baudoin par Alain Bellemare, un ancien dirigeant du groupe américain United Technologies. Les difficultés de son programme CSeries ont fait déraper l’ensemble de sa division aéronautique et l’ont contraint à lancer une augmentation de capital de 600 millions de dollars américains couplée à une émission de dette de 1,5 milliard de dollars. Le dividende a été suspendu. Lors de l’annonce de ces mesures, la direction de Bombardier avait reconnu que pour réduire un peu plus sa dette, de 9 milliards de dollars fin 2014, elle pourrait explorer d’autres options, et notamment «que certaines activités participent au regroupement qui s’opère au sein de l’industrie».
Le secteur des équipements ferroviaires, matériel roulant et signalisation, est justement en pleine phase de consolidation. Les deux groupes chinois CSR et CNR ont reçu la semaine dernière le feu vert du ministère de Commerce pour fusionner et donner naissance au numéro un mondial avec plus de 25 milliards de dollars de chiffre d’affaires, deux fois et demi plus que Bombardier, son dauphin. Fin février, le groupe italien Finmeccanica avait pour sa part accepté de céder au japonais Hitachi ses activités dans le ferroviaire (AnsaldoBreda) et la signalisation (Ansaldo STS) pour un montant total de 1,9 milliard d’euros.
Ces deux opérations ont renforcé la pression sur un secteur pour lequel la taille devient de plus en plus cruciale pour amortir les coûts de R&D des programmes ferroviaires. Dans ce contexte, Alstom, numéro quatre mondial derrière Siemens, pourrait faire un bon partenaire pour Bombardier. Mais, avant d’être totalement recentré sur le ferroviaire, le groupe français doit d’abord achever son processus de cession avec General Electric. La date butoir de l’examen de l’opération par la Commission européenne a été reportée au 6 août.
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