Bolloré réduit l’indépendance du conseil de Vivendi
Vincent Bolloré poursuit sa mise sous contrôle de Vivendi. Comme l’a révélé BFM Business, trois membres indépendants du conseil de surveillance du groupe de médias quitteront leur siège lors de l’assemblée générale du 25 avril prochain. Les mandats d’Yseulis Costes, de Pascal Cagni et d’Alexandre de Juniac ne seront pas renouvelés. Tous les trois avaient été nommés lors de l’AG de 2013, soit un an avant que Vincent Bolloré n’accède à la présidence du conseil à la place de René Fourtou. Un seul des trois sièges supprimés sera remplacé par la nomination d’un représentant des salariés de Vivendi. Pascal Cagni et Alexandre de Juniac sont membres du comité d’audit.
Plus que six administrateurs indépendants
Après ce remaniement, le conseil de surveillance du groupe de médias sera composé de 12 membres, contre 14 actuellement. Le nombre d’indépendants va tomber à 6, contre 9 dans la configuration actuelle. Le poids des indépendants va ainsi se réduire à 50%, contre 64% aujourd’hui. Vivendi pourra toutefois arguer du fait qu’il respecte la recommandation du code Afep-Medef. Selon celui-ci, «la moitié du conseil dans les sociétés au capital dispersé» doit être composée d’administrateurs indépendants.
Vincent Bolloré avait déjà réduit la proportion d’indépendants au sein du conseil de surveillance de Vivendi en donnant à son fils Yannick le siège laissé vacant en mai 2016 par Philippe Donnet, démissionnaire, alors que celui-ci avait été élu quelques jours auparavant par l’AG. Ce nouveau rétrécissement de la part des indépendants renforcera automatiquement le pouvoir de Vincent Bolloré sur le conseil du groupe.
En plus de ces changements, le groupe Bolloré détiendra à compter d’avril 2017 environ 29% des droits de vote de Vivendi, par le jeu des droits de vote double et par un mécanisme de financements structurés. A ce niveau, compte tenu des quorums constatés, Bolloré aurait obtenu la majorité lors des trois dernières assemblées générales, aussi bien ordinaires (majorité simple) qu’extraordinaires (majorité aux deux tiers).
Le groupe Bolloré était initialement entré au capital de Vivendi fin 2012 avec la vente de ses chaînes Direct 8 et Direct Star en échange de 1,7%. Il avait ensuite passé le seuil des 5% en juin 2014, puis celui des 10% en 2015. Il détient désormais 20,7% du capital de Vivendi.
Plus d'articles du même thème
-
Le groupe familial Arnault veut simplifier son contrôle sur LVMH
Plusieurs opérations de fusion-absorption des structures capitalistiques en amont du groupe de luxe vont être mises en œuvre d'ici à début 2027. -
Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
En marge de la présentation de son plan stratégique, la banque de la Défense a annoncé la nomination de Benoit Grisoni en tant que directeur adjoint des activités de banque de détail en France. Un mouvement qui va dans le sens du rapprochement entre le réseau SG et BoursoBank. -
Moscou met Nestlé et Auchan sous administration temporaire russe dans le pays
Un nouveau décret de Vladimir Poutine, signé jeudi 17 septembre, autorise le transfert des actifs de plusieurs sociétés tricolores, dont Auchan, à une société russe.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Le péril jeuneEmploi des jeunes : les réformes inachevées
Malgré les réformes de l'apprentissage et des lycées pro, le chômage des jeunes repart à la hausse, le nombre de décrocheurs aussi. Economistes et partenaires sociaux tirent la sonnette d'alarme, les candidats pour 2027 restent absents -
EditorialBudget : déjà un exercice d’équilibre précaire
Au regard des exigences de redressement des comptes du pays et notamment de réforme de son modèle social, la lettre récemment envoyée par Sébastien Lecornu aux parlementaires du Parti socialiste devrait sonner comme une alerte rouge. Le Premier ministre propose en effet au PS de reprendre avec eux le travail commun d’élaboration du budget pour 2027, en ouvrant une négociation « mesure par mesure » sur le modèle de ce qui avait été fait l’an dernier, après l’explosion en plein vol de son prédécesseur, François Bayrou. De quoi inquiéter tous ceux qui ont en mémoire la liste noire des concessions faites à la gauche, dont la suspension de la réforme des retraites, et le grand délire fiscal dont la France a été le théâtre pendant des semaines, à coups de taxe Zucman par-ci, de chasse aux riches par-là. -
ClashPourquoi Emmanuel Macron hausse le ton contre Israël
Le président français a utilisé la tribune de l'assemblée générale de l'ONU pour critiquer vivement la politique de Benjamin Netanyahou à Gaza et en Cisjordanie