Bertelsmann confirme le retour en forme du marché mondial de la musique

Le groupe rachète à KKR ses 51% au capital de BMG Rigths au moment où les ventes de musique sont reparties à la hausse, après 12 années de baisse continue
Olivier Pinaud

Bertelsmann reprend goût à la musique. Le groupe allemand de médias va racheter la participation majoritaire de 51% que détenait le fonds d’investissement KKR dans BMG Rights, leur société commune de gestion de droits musicaux. Créée de toute pièce en 2008 par Bertelsmann, et renforcée fin 2009 par l’entrée au capital de KKR, BMG Rights se posait alors comme un consolidateur du marché. Mais l’échec du rachat fin 2011 d’EMI, finalement tombé entre les mains de Vivendi, a incité le fonds d’investissement à accélérer sa sortie de la joint venture, un an plus tôt que prévu. Bertelsmann était conseillé par JPMorgan et KKR par Citigroup.

L’opération devrait être bouclée au cours du premier semestre 2013. L’accord conclu avec KKR valorise leur coentreprise 1,1 milliard d’euros, soit 3,6 fois le chiffre d’affaires 2012 de BMG. La société, logée dans la division dite «corporate» de Bertelsmann a essuyé des pertes en 2011 et son résultat pour 2012 n’est pas encore connu. Selon le groupe allemand, BMG devrait réaliser 500 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 4 à 5 ans. La division restera toutefois encore assez loin des trois grandes majors: Universal Music, Sony Music Entertainment et Warner Music.

Sorti progressivement de ce métier en 2006, avec la cession de BMG Music Publishing à Vivendi pour 1,6 milliard d’euros, puis en laissant les commandes de sa major à Sony en 2008, Bertelsmann se replace au moment où le marché de la musique sort la tête l’eau. Les ventes mondiales de musique ont progressé de 0,3% l’an dernier, selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique (Ifpi). Une progression modeste mais hautement symbolique: bouleversé par l’irruption du numérique et du téléchargement, le marché de la musique n’avait fait que baisser depuis son pic de 1999. Entretemps, il est passé de 28,6 milliards à 16,5 milliards de dollars.

La croissance de 2012 est entièrement due à la musique numérique. Selon l’Ifpi, les ventes de titres sous format digital ont progressé de 9% en 2012, à 5,6 milliards de dollars. La souscription à des services d’écoute en streaming, comme ceux du français Deezer ou du suédois Spotify, a fortement augmenté et représente désormais 10% des ventes de musique digitale. 20 millions de personnes sont abonnées dans le monde, 44% de plus qu’en 2011.

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