Bernard Arnault poursuit sa montée au capital de Carrefour
Alors que Carrefour ne parvient toujours pas à franchir la barre des 20 euros enfoncée cet été, Bernard Arnault poursuit sa montée au capital du distributeur. Blue Capital, son véhicule commun avec Colony Capital, a franchi en hausse le seuil de 15% du capital de Carrefour et détient désormais 16,02% des actions et 22,03% des droits de vote.
Comme en septembre dernier, où Groupe Arnault avait acquis près d’un million d’options d’achat d’actions, Blue Participations et Gestions, sous-filiale de Groupe Arnault, a acheté fin octobre 7,7 millions d’options d’achat au prix unitaire de 3,48 euros, soit un total de près de 27 millions d’euros. Opération réalisée «sans mise en place d’aucun endettement», précise l’avis de l’AMF. En effet, ces achats ont été financés par la cession simultanée d’options de vente du même montant. Bernard Arnault détient désormais indirectement plus de 18 millions d’options d’achat, exerçables fin juin 2012 au prix de 31,69 euros par action pour les premières, et début novembre 2015 au prix de 21,04 euros pour les dernières.
Si le concert Blue Capital, Colony et Arnault confirme soutenir la stratégie actuelle de Carrefour, la répétition de ces acquisitions d’options interpelle le marché. Même si avec cette dernière opération, Bernard Arnault semble croire à une remontée du titre…
En attendant, l’action du distributeur a encore reculé hier de 2,57% à 19,16 euros, après une note de Citi, passé à «vendre» sur l’action, pour un objectif de cours abaissé de 18 à 15 euros, sur des craintes de dégradation des ratios de dette de Carrefour. «Le marché sous-estime le degré d’influence de l’endettement de Carrefour sur la stratégie de la société, et ce pour le pire, écrit le bureau d’analyse. Carrefour pourrait publier cette année des niveaux de dette, au-delà du cadre prévu par S&P en juin pour maintenir sa note BBB+». D’autant que Moody’s et Fitch ont également mis leur note sous perspective négative.
De plus, «avec une hausse de la dette nette et une baisse des profits, le bilan de Carrefour se détériore rapidement». D’autant que le cash-flow opérationnel couvre à peine les investissements, déjà considérablement réduits, ce qui sous-entend que le dividende sera payé avec de la dette, poursuit Citi. Le bureau d’analyse attend donc que Carrefour privilégie sa rentabilité au détriment de ses ventes, et accélère sa sortie de certains marchés.
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