Belvédère va de nouveau demander à être placé en redressement judiciaire

La cour d’appel de Nîmes vient d’annuler la sauvegarde de l’été dernier, ne reconnaissant pas la confusion de patrimoine avec sa «petite-fille» Moncigale
Bruno de Roulhac

Nouveau rebondissement du feuilleton Belvédère. Dans un arrêt du 8 mars, la cour d’appel de Nîmes vient d’annuler la procédure de sauvegarde du groupe de spiritueux ouverte le 1er juillet 2011 par extension de la procédure de sauvegarde de Mocigale, «petite-fille» de Belvédère.

La cour a estimé que la confusion des patrimoines entre les deux sociétés – invoquée par le tribunal de commerce de Nîmes le 1er juillet dernier pour placer Belvédère en sauvegarde – «ne peut être déduite, ni de la propriété par Belvédère de la totalité des actions Marie Brizard, elle-même propriétaire de la totalité des actions Moncigale et des autres filiales françaises, ni de la communauté de dirigeants pour ces deux sociétés». Un argument avancé par le comité des créanciers FRN dès l’ouverture de la procédure.

La décision de première instance était fortement contestée par les juristes. D’ailleurs, c’est le parquet de Nîmes lui-même qui avait interjeté appel.

«Nous sommes satisfaits de la décision de la cour d’appel de Nîmes. Nous attendons maintenant la décision du tribunal de commerce de Dijon sur notre demande de mise en redressement judiciaire de Belvédère SA», déclare le comité des créanciers FRN. Réponse attendue le 26 mars.

«Cet arrêt ne change rien au travail de redressement du groupe. Nous allons déposer une nouvelle demande de redressement judiciaire le plus tôt possible», explique un porte-parole de Belvédère. La société demeure protégée par la reconnaissance publique de son état de cessation des paiements».

En attendant, le groupe de spiritueux se donne toujours pour priorité le désendettement. Fin juin 2011, Belvédère affichait une dette nette de 578 millions d’euros, dont 453 millions au titre des créances FRN. Pour y arriver, le groupe promet depuis des mois des cessions d’actifs. Il a récemment mandaté le cabinet Messier Maris à cet effet. «16 offres ont été déposées sur l’une ou l’autre des marques», confie une source proche du dossier. Belvédère se refuse néanmoins toujours à confirmer la cession de sa vodka Sobieski. Le groupe pourrait faire une annonce lors de l’entrée en négociations exclusives.

Si Belvédère estime son portefeuille d’actifs à 1 milliard d’euros, ses marques sont valorisées pour 155 millions d’euros dans ses comptes, dont plus d’une moitié, en valeur, sont nanties. En 2011, Belvédère a enregistré 911 millions euros de chiffre d’affaires.

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