Belvédère tient son assemblée générale sous haute tension

La direction promet de répondre aux questions posées, notamment par l’Adam. Cette dernière a demandé l’ouverture d’une enquête à l’AMF
Olivier Pinaud

Un changement soudain de PDG. Des résultats 2010 non certifiés par les commissaires aux comptes. La démission de deux membres du comité d’audit… Les questions ne manqueront pas cet après-midi à l’assemblée générale de Belvédère. Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), a d’ailleurs adressé la semaine dernière quinze questions écrites à Krzysztof Trylinski, ancien directeur général de la société de spiritueux devenu début octobre président à la place de Jacques Rouvroy.

La présidente de l’Adam s’interroge notamment sur les raisons qui ont permis à la direction de Belvédère d’arrêter les comptes 2010 selon le principe de la continuité d’exploitation. Comment la société qui «n’a pas été en mesure de respecter les dispositions du premier plan de sauvegarde – en matière notamment de cession d’actifs et d’émission obligataire – pourrait-elle rembourser ses dettes dans le cadre d’un redressement judiciaire ?», écrit l’Adam. Pourquoi les commissaires aux comptes ont-ils renouvelé cette année leur réserve sur la fiabilité des comptes «en dépit de la mise en place d’un comité d’audit ?», demande Colette Neuville. La divulgation le 23 septembre dans le journal Bourse Plus des principaux chiffres des comptes 2010, trois jours après un conseil d’administration, mais deux semaines avant leur publication officielle, fait également s’interroger la présidente de l’Adam. Celle-ci a écrit la semaine dernière à l’AMF pour demander l’ouverture d’une enquête.

En plus de la rémunération des dirigeants (+35% en 2010), de la vente d’une partie des actions en leur possession, et du fonctionnement du conseil d’administration, Colette Neuville interrogera aussi la direction sur les conventions réglementées. L’une porte sur la concession d’une licence de distribution de la marque «Sobieski» pour une durée de vingt ans à la filiale Sobieski Spolska Zoo, contre une redevance de 3,168 millions d’euros en 2010. L’autre sur la concession de la marque «Zawiska» à la filiale Destylenia Sobieski. «Les filiales bénéficiaires des licences concédées font-elles parties du périmètre du règlement judiciaire?», s’interroge l’Adam.

Visiblement soucieuse de renouer le dialogue avec les actionnaires, la direction de Belvédère prévoit de répondre à toutes les questions qui lui seront posées lors de l’AG.

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