Belvédère finalise le choix de ses futurs administrateurs indépendants

L’assemblée générale de cet été devra valider le nouveau conseil. La sortie par le haut du dossier Belvédère a rassuré les fonds anglo-saxons
Bruno de Roulhac

Deux mois après l’adoption du plan de redressement de Belvédère par le tribunal de commerce de Dijon, le groupe de spiritueux s’apprête à entrer dans une nouvelle ère. L’assemblée générale, prévue pour le moment le 22 juillet, mais qui pourrait être retardée, le tribunal de commerce de Nîmes venant d’autoriser un report jusqu’au 31 août prochain, devra entériner le nouveau conseil.

Conformément au plan de restructuration, Belvédère s’est engagé à avoir un conseil d’administration majoritairement indépendant. Ce board devrait compter de 6 à 7 membres, dont Krzysztof Trylinski, actuel PDG de Belvédère, un représentant d’Oaktree et éventuellement un autre représentant des anciens créanciers obligataires FRN, et des indépendants. Le comité de sélection, composé de Krzysztof Trylinski et de l’administrateur judiciaire Frédéric Abitbol, a mandaté le chasseur de têtes Spencer Stuart, et est en train de finaliser son choix.

Dans le cadre de cette nouvelle gouvernance, Oaktree, devenu le premier actionnaire avec 38% du capital a toutefois vu ses droits de vote limités à 19,9%. Depuis, via Pilgrim, il a déjà cédé une partie de ses titres sur le marché, et ne détient plus que 29,07% du capital. Sans obligation de conservation de titres, il pourrait continuer à s’alléger. Toutefois, Belvédère ne capitalise que 200 millions d’euros, et depuis début mai le titre se stabilise autour de 9 euros, bien loin des 35 euros de début d’année, ou du niveau de 20 euros auquel a été réalisée la conversion de la dette en capital. Signe positif, les analystes s’intéressent de nouveau à la valeur.

Si cette procédure à rebondissements aura coûté «plusieurs millions d’euros» selon Frédéric Abitbol, avec notamment l’intervention de Rothschild, de Eight Advisory, ou encore des cabinets Veil Jourde, Orrick Rambaud Martel et De Pardieu Brocas Maffei, elle a permis de sauver le groupe.

En outre, «la sortie par le haut du dossier Belvédère, montrant que les droits des créanciers ont été respectés, tout en tenant compte des spécificités françaises, a permis de redonner un peu de normalité au paysage français aux yeux des fonds anglo-saxons», explique Arnaud Joubert, associé gérant chez Rothschild.

Preuve qu’Oaktree n’a pas été échaudé par son expérience chez Belvédère, il a récemment racheté une partie de la dette de la Financière Partouche – holding de tête du groupe de jeux éponyme – en sauvegarde depuis début avril.

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