Bayer va mettre en Bourse sa division la moins rentable
Le groupe allemand a décidé de scinder ses activités liées aux matériaux pour se focaliser sur celles dans la santé
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Antoine Duroyon
Bayer accélère son retrait de l’industrie chimique. Le groupe de Leverkusen prévoit de donner son indépendance à son activité MaterialScience, qui produit des matériaux à haute performance (polycarbonate, polyuréthane, vernis et adhésifs…). C’est l’option d’une introduction en Bourse dans les douze à dix-huit prochains mois qui a été retenue, alors que Bloomberg avait évoqué an avril dernier l’intérêt du chimiste de spécialité Evonik. Les analystes d’Equinet estiment la valeur de MaterialScience à près de 10 milliards d’euros.
Le conseil de surveillance a approuvé hier ce scénario à l’unanimité. «Notre intention est de créer deux entreprises mondiales de premier plan : Bayer en tant que société innovante de classe mondiale dans les activités rattachées aux sciences de la vie, et MaterialSciences comme acteur pionnier dans les polymères», a commenté Marijn Dekkers, président du directoire de Bayer.
Cette décision constitue une évolution logique pour le groupe allemand. «Son centre de gravité s’est fortement déplacé ces dernières années vers ses activités liées aux sciences de la vie avec le lancement réussi de nouveaux produits pharmaceutiques, l’acquisition en cours de l’activité santé grand public de Merck (pour 14,2 milliards de dollars, ndlr) et le développement réussi de son activité agrochimique (CropScience)», explique Bayer dans un communiqué. Les sciences de la vie représentent actuellement 70% des ventes de Bayer et 88% de son Ebitda avant éléments non récurrents.
Selon Bayer, l’IPO permettra à MaterialScience d’accéder directement à des capitaux pour son développement futur. Un accès qui ne peut plus être garanti en interne en raison du niveau d’investissements (organiques et externes) requis pour la croissance des activités associées aux sciences de la vie. Au passage, le groupe se déleste d’une activité en manque de souffle, avec un chiffre d’affaires de 11,2 milliards d’euros en 2013, en recul de 2,2% sur un an. Sa marge d’Ebitda proforma est estimée pour l’an dernier à 9,1%, contre 24,8% pour les sciences de la vie.
A l’issue de la scission, MaterialScience sera le quatrième groupe chimique européen, avec 16.800 employés. L’entité sera dotée d’une nouvelle identité et installée, comme son ancienne maison mère, à Leverkusen. Bayer entend affecter une partie des produits tirés de cette opération à la réduction de la dette nette (9,9 milliards d’euros à fin juin).
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