BASF accélère le mouvement de cession de ses activités les plus cycliques
BASF n’a pas tardé à mettre son plan à exécution. Après avoir annoncé jeudi soir son intention de se désengager totalement de K+S (ex-Kali & Salz), le groupe a placé vendredi auprès d’investisseurs institutionnels les 19,7 millions d’actions encore détenues dans son ancienne filiale «à un prix unitaire de 50 euros», générant un produit de cession de 985 millions d’euros. Conseillé par Bank of America Corp., le numéro un mondial de la chimie en termes de chiffre d’affaires ajoute avoir dégagé «une plus-value imposable de quelque 900 millions d’euros».
Cette opération contribuera à réduire l’endettement net de BASF qui s’élevait fin décembre à 13,6 milliards (près de 60% de ses capitaux propres), en hausse de 4,3% d’une année sur l’autre. Elle s’inscrit également dans sa stratégie consistant à sortir de segments jugés trop cycliques. Il a ainsi convenu en novembre dernier avec Ineos de créer une coentreprise dans le styrène (matières plastiques) et a annoncé début mars qu’il souhaitait vendre «d’ici au premier trimestre 2012» une grande partie de ses fertilisants dont les ventes annuelles s’élèvent à 500 millions.
Le moment choisi pour céder K+S semble assez opportun compte tenu des bons résultats du premier fabricant de potasse européen. Celui-ci a enregistré en 2010 une croissance de 40% de son chiffre d’affaires à 5 milliards d’euros, accompagné d’une marge d’exploitation de 14,5%. En outre, sa valeur d’entreprise «correspond à 8,5 son excédent brut d’exploitation estimé par le consensus pour 2011 contre seulement 5,4 fois pour BASF», relèvent les analystes de Morgan Stanley, en estimant que ce dernier «se traite avec une forte décote par rapport à la somme de ses parties».
Si l’action BASF a peu réagi en cédant 0,6% à 53,8 euros, le titre K+S, qui avait pris 25% au cours des six derniers mois, a clôturé sur un repli de 4,7% à 51,7 euros. Son premier actionnaire est désormais EuroChem, contrôlé par l’homme d’affaires russe Andrei Melnichenko qui détient «environ 12% du capital», selon Michael Schaefer, analyste chez Equinet. Compte tenu du flottant plus important sur le titre, le directeur général de K+S Norbert Steiner s’est dit prêt «à discuter avec quiconque l’approchera en vue d’une OPA».
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