Auchan se lance à son tour dans un refinancement obligataire
Comme les utilities, les distributeurs profitent eux aussi de conditions de marchés favorables pour réaménager leur dette obligataire. Après Casino en avril (L’Agefi du 21 avril 2010), c’est Auchan qui vient de lancer une opération d’échange. Ce dernier vise ses lignes mai 2011 (4,125% de coupon), avril 2013 (5%) et juillet 2014 (5,125%). Lancée depuis mardi dernier, l’offre se terminera le 8 novembre, les modalités définitives devant être fixées le lendemain.
«Les prix de rachat sont de mid swap moins 30 points de base sur la souche 2011, étale sur la souche 2013 et de +5 pb sur la souche 2014. Ce qui représente des conditions plutôt attractives pour les porteurs», note Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit de Tullett Prebon.
Ceci étant, l’offre sera limitée. Auchan s’engage en effet sur un montant maximal de 600 millions d’euros alors que les trois obligations ciblées représentent un total de nominal de 2 milliards d’euros.
En remplacement, le groupe procèdera à une nouvelle émission d’au moins 500 millions sur une maturité supérieure à 2014. Si cela devrait lui permettre d’améliorer son échéancier, il devrait au passage être en mesure de réaliser des économies de frais financiers au vu des conditions actuelles particulièrement favorables (L’Agefi du 2 novembre).
Déjà au premier semestre, le groupe a pu renégocier les modalités de sa facilité de crédit de 800 millions d’échéance 2014. D’une marge de 140 pb lors de la signature en juillet 2009, le coût de ce financement a été ramené à 55 pb (L’Agefi du 1er septembre).
Pour son refinancement obligataire, la tendance devrait suivre la même pente. «Auchan est un nom solide [ndlr: il est noté A avec une perspective stable]. On ne connaît pas encore la maturité des nouveaux titres. Mais en supposant une émission d’environ 7 ans, le groupe aurait théoriquement la capacité de sortir avec une marge d’environ 60 pb sur les z-spreads, soit un coupon voisin de 3%», explique Marnik Hinnekens.
Naturellement, ce climat porteur pourrait encore faire des émules. «Dans le secteur de la distribution, Carrefour, Tesco et Metro pourraient également lancer des opérations de rachats obligataires similaires à celles d’Auchan et de Casino», anticipe l’analyste crédit.
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