Auchan mise sur l’Europe orientale et l’Asie pour soutenir sa croissance

Le distributeur a réduit de près de 20 % sa dette en 2010 grâce à une solide capacité d’autofinancement et à une baisse de ses investissements
Yves-Marc Le Reour

A l’instar de Casino, les résultats 2010 d’Auchan témoignent du dynamisme des activités des distributeurs dans les pays émergents par rapport à une zone euro bien plus poussive. Si le chiffre d’affaires consolidé hors taxes du groupe contrôlé par la famille Mulliez a affiché l’an dernier une progression de 7,1% à 42,5 milliards d’euros (+4,9% hors essence à changes constants), les revenus ont augmenté de 3% en France (46% des revenus totaux) et de 1,1% dans le reste de l’Europe occidentale (Espagne, Italie, Portugal, Luxembourg), contre un bond de 22,7% en Europe centrale et orientale et en Asie. Cette zone génère désormais 27% de l’activité d’Auchan.

Les hypermarchés qui représentent 80% de l’activité totale du groupe ont enregistré une croissance de 7,9% de leur chiffre d’affaires contre +4% pour les supermarchés qui «ont confirmé la relance de leur activité», commente Vianney Mulliez, président du conseil d’administration. Ce format a bénéficié de la rationalisation du parc français et de l’ouverture de 18 magasins en Russie. «Au cours de l’année, les caps des 200 hypermarchés en Asie et des 300 centres commerciaux dans le monde ont été franchis», poursuit-il.

Pénalisé par une hausse des provisions et des amortissements, le résultat d’exploitation courant est en légère hausse d’une année sur l’autre (+2,1%), ce qui correspond à un effritement de sa marge à 3,1% contre 3,3% en 2009. A titre de comparaison, la marge d’exploitation courante de Casino est restée stable l’an dernier à 4,5% tandis que celle de Carrefour s’est élevée à 3,3%. «A défaut d'être un millésime exceptionnel», 2010 a été «un millésime tout à fait correct quand on tient compte de l’environnement économique», juge le directeur financier d’Auchan, Xavier de Mézerac.

Le groupe non coté a par ailleurs renforcé sa structure de bilan grâce à un endettement net en recul de 19,5% à 2,3 milliards d’euros. Celui-ci représente 27,1% des capitaux propres contre 36,6% à fin décembre 2009. Cette évolution s’explique par une baisse de près de 10% des investissements à 1,4 milliard d’euros, combinée à une capacité d’autofinancement en hausse de 8,1% à 1,8 milliard. Abordant avec confiance l’année 2011, Vianney Mulliez estime toutefois que «les perspectives pour cette année demeurent plus favorables dans les pays émergents qu’en zone euro».

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